Le groupe NSO condamné à verser 167 millions de dollars de dommages à Meta

NSO Group condamné à verser 167 millions de dollars à Meta pour violations de cybersécurité

  • NSO Group condamné à verser 167 millions de dollars à Meta.
  • NSO a piraté des comptes WhatsApp utilisés par des journalistes et des militants.
  • Le tribunal a statué que NSO avait enfreint les lois relatives à la cybersécurité.
  • Meta prévoit d'allouer les dommages-intérêts vers des organisations pour les droits numériques.

Le groupe NSO condamné à verser 167 millions de dollars de dommages à Meta

La société israélienne de cybersécurité, NSO Group, a été condamnée à payer 167 millions de dollars en dommages et intérêts à Meta, après avoir piraté des comptes WhatsApp utilisés par des journalistes et des militants. Ce verdict met un terme à une bataille juridique de six ans.

Détails du jugement

Le tribunal, sous la direction du juge Phyllis Hamilton au sein du district nord de Californie, a statué que NSO avait enfreint les lois relatives à la cybersécurité en utilisant son logiciel d’espionnage Pegasus. Ce programme avait ciblé les téléphones contenant WhatsApp dans 20 pays différents. WhatsApp appartient à Meta, qui détient également Facebook et Instagram, touchant ainsi plus de deux milliards d’utilisateurs.

Réactions après le verdict

L’annonce du jury a eu lieu après deux jours de délibérations. Cathcart, chef de WhatsApp, a déclaré : « Le verdict du jury aujourd’hui pour punir le NSO est un dissuasion essentiel de l’industrie des logiciels espions contre leurs actes illégaux destinés aux entreprises américaines et à nos utilisateurs du monde entier ». Il a ajouté qu’il s’agissait d’une menace sectorielle nécessitant une protection collective.

Meta prévoit d’allouer les dommages-intérêts obtenus vers des organisations œuvrant pour les droits numériques.

Positionnement du groupe NSO

Gil Lainer, vice-président communication mondiale chez NSO Group, a déclaré : « Nous examinerons soigneusement les détails du verdict et poursuivrons des recours juridiques appropriés, y compris de nouvelles procédures et un appel ». Il a défendu la position de l’entreprise en affirmant que sa technologie était essentielle dans la lutte contre le crime grave et le terrorisme.

WhatsApp avait engagé cette action judiciaire en 2019, accusant NSO d’accès non autorisé aux serveurs WhatsApp. Le procès incita également plusieurs témoins dirigeants de NSO à expliquer comment Pegasus pouvait être installé sur les appareils sans alerter ses utilisateurs cibles.

Contexte juridique antérieur

En parallèle, en 2021, Apple avait intenté une action similaire contre NSO pour avoir piraté ses appareils mais avait abandonné sa plainte en septembre dernier. La même année marque aussi une mise sur liste noire par le Département américain du commerce visant NSO pour avoir agi « contrairement aux intérêts » américains.

Les logiciels espions représentent un secteur florissant où il est possible d’infiltrer discrètement divers dispositifs électroniques. Selon le procès-verbal présenté durant le jugement, certaines versions récentes permettent l’intrusion via un simple SMS.

Implications futures

John Scott-Railton, expert en cybersurveillance au Citizen Lab (Université de Toronto), prédit que ce verdict pourra nuire considérablement aux activités commerciales futures du groupe NSO. En effet, il insiste sur le fait que ces technologies facilitent grandement l’espionnage par des gouvernements autoritaires envers leurs opposants politiques : « Les activités de NSO sont basées sur le piratage des entreprises américaines », ce qui souligne l’enjeu crucial autour des pratiques éthiques dans ce domaine technologique émergent.