Choc et Réflexion : L’Essai de Hamdan Ballal sur la Violence Coloniale
Hamdan Ballal, codirecteur du documentaire acclamé No Other Land, a récemment partagé son expérience traumatique d’une attaque par des colons israéliens. Dans un éditorial poignant publié dans le New York Times, il évoque des événements survenus quelques semaines après sa victoire à l’Oscar. Ce récit soulève des inquiétudes quant à la violence persistante en Cisjordanie.

Un soir de Ramadan
Le 24 mars, dans le village palestinien de Susiya, Hamdan Ballal vivait une soirée placée sous le signe du Ramadan lorsqu’il fut alerté d’une imminente attaque. « C’était une soirée typique du Ramadan » avant qu’un voisin ne crie au danger, témoignant ainsi de la tension omniprésente. Tentant d’enregistrer les faits, Ballal finit par se réfugier chez lui avec sa famille après avoir aperçu un colon et deux soldats approchant. Il dit à sa femme et à ses enfants de se mettre en sécurité derrière la porte.
Une agression violente
Une fois dehors, les choses dégénérèrent rapidement : « Je reconnaissais les hommes », déclara-t-il. Face aux assaillants, il subit une agression violente : « Ils ont commencé à me battre et me maudire, se moquant de moi comme le ‘cinéaste oscarisé’. » Un pistolet était pointé contre lui tandis qu’il se faisait frapper à la tête puis piétiner au sol.
Ballal fut ensuite « menotté, les yeux bandés » et transporté durant plusieurs heures vers ce qu’il identifia plus tard comme étant une base militaire israélienne où il craignait pour sa vie. « J’ai été libéré un jour plus tard », raconte-t-il.
Un contexte d’escalade de violences
Loin d’être un incident isolé, cet événement s’inscrit dans un contexte témoignant d’une escalade de violences récurrentes. Quelques jours plus tard, des dizaines de colons attaquèrent Jinba voisin, provoquant cinq hospitalisations et vingt arrestations suite aux violences qui précédèrent cette nuit fatidique. Après cela, l’armée israélienne aurait aussi envahi Susiya pour dévaster maisons et lieux publics.
En réponse aux accusations portées contre elle concernant cette agression au sein du village palestinien ciblé par ses forces militaires, l’armée israélienne a justifié l’attaque comme « une confrontation violente ». Toutefois, plusieurs témoins locaux contredisent cette version des événements.
Une douleur et une déception
Ballal exprime sa douleur en comparant son sentiment tragique vécu lors de l’agression avec l’émotion exaltante ressentie lors de la remise des Oscars trois semaines auparavant : « Mon cœur était brisé de la déception ». Malgré la reconnaissance mondiale obtenue par leur film primé, mais non dénuée d’effets néfastes sur son quotidien restreint ainsi que celui de ses concitoyens touchés par cette violence constante.
Il souligne également que bien qu’une partie significative du soutien international ait émergé suite à leurs succès aux Oscars – prononçant clairement : « Ne vous détournez pas maintenant. » – ces applaudissements n’ont pas amélioré leur sort immédiat ni atténué le cycle incessant d’oppression que vivent les Palestiniens au quotidien.
Une voix cinématographique effacée
Suite à cet événement malheureux ayant attristé tant nombre d’acteurs influents représentés par une lettre ouverte signée entre autres par Elizabeth Olsen ou Penelope Cruz, l’Académie a présenté des excuses sans véritable engagement direct concernant Ballal ou son œuvre touchée directement par ce phénomène colonial violent ; révélateur selon certains comment même les voix cinématographiques peuvent être effacées face aux tensions politiques complexes en cours dans la région actuellement instable pour ses habitants.