À Nantes, une manifestation a basculé en affrontements d’une rare intensité entre des individus masqués et les CRS, aux abords de la cathédrale. Pendant plus de quatre heures, les violences se sont succédé, tandis que le cortège poursuivait sa marche dans le calme à quelques rues de là.
- Les affrontements à Nantes ont duré plus de quatre heures, impliquant des militants masqués et les forces de l'ordre.
- Des vitrines de magasins ont été pillées, avec distribution de produits au public.
- La manifestation a tourné à la violence, malgré une mobilisation massive pour des revendications sociales et politiques.
- Le chaos a culminé avec des actes de vandalisme dans plusieurs bâtiments publics et privés.

L’atmosphère a basculé en quelques minutes. Alors que les manifestants arrivent derrière la cathédrale et souhaitent avancer, ils sont rapidement stoppés par les CRS. Les premiers projectiles fusent, le face-à-face se tend, et les échanges dégénèrent en affrontement.
Des individus masqués face aux forces de l’ordre
Aux abords de l’édifice religieux, la scène ne ressemble plus à une manifestation. Les personnes présentes ont le visage dissimulé sous des capuches. Elles ramassent des cailloux, déplacent des barrières de chantier et se procurent des pavés. Des barres de fer et des plots en béton sont utilisés pour tenter de faire reculer les forces de l’ordre.
Au milieu de ce chaos, un jeune militant originaire de Nantes accepte de parler, ce qui reste rare. Le visage dissimulé, il affiche une détermination forte : « On va retourner Nantes et rien ne va nous arrêter. Ils sont 30 CRS en face de nous et ça ne va pas nous faire peur. Ils reculeront encore et encore. On va les forcer à dégager de là. » Il ajoute : « Je n’ai peur de rien et surtout pas de la police. Je ne suis pas là pour jeter des pavés mais je refuse qu’on me dise ce que je dois faire. »
Devant lui, les pavés volent. Des morceaux de goudron, détachés de la route à quelques mètres de là, deviennent des projectiles. Les CRS peinent à maintenir l’ordre et se retrouvent encerclés au milieu de la place, les groupuscules arrivant de tous les côtés. Les forces de l’ordre restent calmes, comme si des consignes avaient été données de ne pas charger, mais de maintenir les casseurs sur un espace limité et de ne pas les laisser entrer dans le centre-ville. Ils sont alors bombardés de jets d’œufs, de peinture et de projectiles en tout genre.
Pendant plus de quatre heures, les affrontements se succèdent
La tension monte encore lorsque des individus parviennent à déplacer une cabine de chantier pour s’en servir de bouclier improvisé. Cachés derrière cette structure métallique, les groupes avancent jusqu’à faire reculer les forces de l’ordre, qui cherchent à contenir les affrontements dans le secteur de la place Foch, quitte à abandonner du terrain lorsque la pression devient trop forte. Quelques mètres seulement séparent les deux camps, tandis que les rues autour de la cathédrale se couvrent de débris.
Un homme passant à côté de motards est interpellé, le visage masqué par un foulard et une capuche. Le policier lui demande d’enlever son masque, mais l’homme refuse dans un premier temps. Il est mis à terre, le masque est retiré, puis il est laissé libre.
Vers 16h30, les groupes les plus déterminés parviennent à renverser la situation. Ils se retrouvent du côté du centre-ville, et les forces de l’ordre tournent le dos à la cathédrale. À quelques rues de là, des milliers de personnes continuent de marcher, pancartes à la main, sans prendre part aux affrontements.
C’est tout le paradoxe de cette journée à Nantes : une mobilisation massive, portée par des revendications sociales et politiques, dont une partie se retrouve éclipsée par des scènes de confrontation.
La violence ne s’est pas limitée aux affrontements avec les forces de l’ordre. Des commerces du centre-ville ont également été pris pour cible. Happy Cash, Uniqlo, Foot Locker et la Fnac ont été pillés par des individus qui ont distribué des produits à la foule massée devant le magasin.
Journée à deux visages
En début de soirée, les policiers et les CRS ont repris le contrôle. Les accès à la mairie de Nantes ont toutefois été forcés et vandalisés, et des individus ont pénétré à l’intérieur pour y mettre le feu à des palettes. Peu de temps après, les affrontements ont repris de plus belle aux abords de la préfecture. Deux camions « Centaure » de la gendarmerie ont été appelés en renfort pour protéger le commissariat central.