Le récit terrifiant de Charles Dubouloz, alpiniste miraculé ayant survécu à la mort

Le 7 juillet, l’alpiniste français Charles Dubouloz, âgé de 36 ans, a frôlé la mort lors d’une ascension sur le Gasherbrum IV au Pakistan. Grâce à un rebord surprise, il a évité une chute mortelle dans un glacier où il aurait pu être enseveli sous des tonnes de neige.

Sauvé par un « petit rebord venu de nulle part »

Le jour de l’accident marquait la fin de la phase d’acclimatation pour Charles Dubouloz et son compagnon Symon Welfringer. Alors qu’ils s’apprêtaient à installer leur tente, Symon souffrait d’un violent mal de tête. Charles choisit une zone complexe, évoquant : « Cette lèvre est une crevasse, mais après avoir échangé deux mots avec Symon, elle nous paraît bouchée et nous évite bien des efforts. »

Le récit terrifiant de Charles Dubouloz, alpiniste miraculé ayant survécu à la mort

L’ascension était éreintante. En terrasse la neige pour poser leur tente, Charles sent soudain le pont céder sous lui après seulement cinq minutes : « Au bout de cinq minutes, le pont de neige cède ». Dans sa chute vertigineuse vers ce qu’il décrit comme « tout noir », il prend conscience du danger imminent : « Je vais finir au fond de cette faille de glace ».

Cependant, alors qu’il pensait toucher le fond du gouffre gelé, il fut stoppé in extremis par une petite saillie : « C’est donc maintenant », écrit-il en mentionnant sa confrontation avec la mort. Il ajoute : « J’ai eu la chance d’être arrêté par un petit rebord venu de nulle part ».

Sous ses pieds, les abysses

Dans cet environnement hostile marqué par des paysages glaciaires impressionnants et dangereux, Charles réagit instinctivement suite à son atterrissage précipité. Décrit comme étant en hypothermie et ressentant d’importantes douleurs physiques (« les mollets en feu »), il reste lucide face à cette situation dramatique.

« Sous mes pieds, les abysses […] je saute immédiatement les deux pieds en écart pour éviter que la maigre marche sur laquelle je repose cède », relate-t-il avec précision.

Il réussit finalement à remonter grâce à Symon Welfringer qui l’aide dans ce moment critique. Ensemble ils réalisent l’ampleur du danger évité : « Nous savons tous les deux que je viens d’échapper à une fin tragique ».

Le vertige du « C’est donc maintenant »

Après cet épisode effrayant et décisif pour sa carrière d’alpiniste expérimenté, Charles prend du recul sur ses émotions ambiguës : « Je crois que je m’en veux terriblement ». La peur le submerge lorsque ce type d’incident survient trop souvent : « J’ai déjà rencontré trop de fois ce ‘C’est donc maintenant’. Je n’ai plus le droit de refaire ça. »

Malgré cette expérience éprouvante et traumatisante qui fait vaciller ses certitudes face au risque inhérent aux sommets alpins (un accident graves dont beaucoup ne reviennent pas), l’expédition se poursuit jusqu’à atteindre 6 900 mètres avant qu’une chute massive provenant d’un sérac oblige Charles et Symon à faire demi-tour.

Cette aventure rappelle aux alpinistes que chaque ascension comporte son lot d’imprévus où même un simple élément naturel peut changer radicalement le cours des événements.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.