Giuliano da Empoli fait son retour littéraire avec « L’heure des prédateurs »
- Giuliano da Empoli publie «L'heure des prédateurs», un essai sur le pouvoir et la politique moderne.
- Il exprime son impatience à partager sa vision du monde actuel, reconnaissant que l'actualité peut souvent surpasser la fiction.
- Da Empoli met en garde contre la fascination pour le pouvoir et souligne que les politiciens souvent violents.
- Il souligne l'impact des technologies sur la démocratie, mettant en garde contre les nouveaux «seigneurs» technologiques.

Giuliano da Empoli fait son retour littéraire avec « L’heure des prédateurs », un essai qui explore la dynamique complexe du pouvoir et les dérives de la politique moderne. Après le succès de son précédent ouvrage, l’auteur observe une réalité troublante où la véracité dépasse souvent la fiction. Ce livre questionne également le rôle croissant des acteurs technologiques dans le paysage démocratique contemporain.
Giuliano da Empoli partage ses réflexions sur le pouvoir
Dans une discussion autour de son nouvel essai « L’heure des prédateurs », Giuliano da Empoli évoque l’urgence d’énoncer sa vision sur le monde actuel : « J’étais pris d’impatience. J’ai eu envie de livrer un témoignage sur ce que j’observais du monde actuel », explique-t-il. Le roman en cours peut toujours être écrit plus tard, car parfois « l’actualité a plus d’imagination que la fiction ».
Le thème central abordé par l’auteur est incontestablement celui du pouvoir, qu’il décrit comme révélateur tant des qualités que des défauts humains. Évoquant son expérience personnelle marquée par un attentat dont a été victime son père à Rome alors qu’il était enfant, il admet : « Si j’écrivais des autofictions, elles tourneraient autour de cette question-là ». Il se positionne aujourd’hui comme un observateur critique du système en utilisant une approche anthropologique face à cette réalité.
Da Empoli exprime sa méfiance envers la fascination pour le pouvoir
L’expert souligne qu’une véritable curiosité concernant le pouvoir n’est pas synonyme de fascination. À ce sujet, il déclare : « Je suis vacciné contre la politique » et affirme qu’un retour à ces fonctions est désormais impossible pour lui : « Ma distance ne m’autorise plus à participer au jeu ».
L’auteur met aussi en lumière une vérité troublante selon laquelle les personnages attirés par l’univers politique possèdent souvent une propension à la violence. Da Empoli argue que lorsque les systèmes politiques faiblissent, cette violence devient tangible : « Dans sa version la plus noble, la politique est celle qui empêche les gens de s’entre-tuer ». Ceci soulève également l’importance historique de comprendre les grands classiques romains pour mieux déchiffrer nos dirigeants contemporains comme Trump ou Poutine.
L’impact grandissant des technologies sur notre démocratie
En parallèle, Giuliano da Empoli aborde les agissements des nouveaux « seigneurs » technologiques comparables aux « borgiens » historiques. Les réseaux sociaux ont engendré une fragmentation informationnelle qui favorise ces figures disruptives : « Les conquistadors de la tech menacent totalement la démocratie ».
Ces nouvelles dynamiques politiques rappellent comment les anciennes élites ont peut-être témoigné d’une soumission face aux innovations disruptives.
La menace russe selon Giuliano da Empoli
Concernant le climat géopolitique actuel marqué par l’agression russe, Da Empoli souligne que Vladimir Poutine aspire au rétablissement des frontières soviétiques d’avant 1945 : « Cette menace existe parce que la machine de guerre est lancée. » Il ressent un sentiment inquiétant selon lequel si nous ne sommes pas efficaces dans notre réponse collective en tant qu’Europe, nous pourrions sombrer dans un état d’« humiliation » constante.
Son analyse invite donc chacun à réfléchir sérieusement sur ses positions actuelles vis-à-vis du pouvoir mondial mais aussi national et leur capacité à contenir certaines dynamiques pernicieuses.
L’ironie émergente dans un contexte sombre
Mettant ainsi en exergue : « L’ironie est une arme très puissante ». Le livre « L’heure des prédateurs », édité chez Gallimard (160 pages), propose ainsi non seulement une réflexion unique sur nos sociétés modernes mais également un appel persistant à agir malgré tout adversité.