Un scandale d’avortements illégaux a éclaté en Corée du Sud, après qu’une influenceuse ait partagé une vidéo choquante sur le sujet. Cette affaire soulève des questions profondes sur l’accès à des services médicaux sûrs dans un pays où l’avortement est régi par un cadre légal flou.
- Une influenceuse a partagé avoir subi un avortement à 36 semaines en Corée du Sud.
- L'enquête révèle un réseau illégal ayant réalisé 527 avortements et impliquant des médecins et intermédiaires.
- Le bébé né à terme a été placé dans un congélateur après sa naissance, puis déclaré mort falsifié par les médecins.
- Le vide juridique sur l'avortement en Corée complique l'accès à des services sûrs et entraîne des tragédies.

Une vidéo révélatrice
En juin 2024, Kwon, une influenceuse de 24 ans, a publié une vidéo dans laquelle elle racontait avoir subi un « avortement » à 36 semaines de grossesse. Dans cette vidéo, rapidement supprimée, elle indiquait qu’après un premier refus, elle avait finalement trouvé un médecin prêt à intervenir. Malgré son état avancé de grossesse (début du neuvième mois), Kwon affirmait avoir été soumise à une césarienne.
Cette diffusion a alerté les autorités car un bébé né à cette période est considéré comme « à terme ». En effet, lors d’une enquête qui s’est ensuit, il a été noté que le nouveau-né était vivant au moment de sa sortie et a été placé sur un drap chirurgical avant d’être placé dans un congélateur où il est ensuite décédé. Les deux médecins présents ont par la suite falsifié les dossiers médicaux pour faire apparaître l’enfant comme « né mort », rapporte « The Korea Herald ».
Démantèlement d’un réseau illégal
L’enquête a révélé que l’hôpital où Kwon s’était rendue avait pratiqué 527 avortements illégaux entre août 2022 et juillet 2023. Ce trafic aurait impliqué deux hommes intermédiaires permettant au médecin et au directeur de l’hôpital d’accumuler près de un million d’euros chacun. En juillet 2025, ces derniers ainsi que Kwon ont été arrêtés et inculpés de « meurtre ». Les intermédiaires sont quant à eux poursuivis pour « infraction à la loi sur les services médicaux ».
Une législation lacunaire
Cet incident met en lumière la situation délicate concernant le droit abordant l’avortement en Corée du Sud. Pendant longtemps caractérisé comme crime passible de jusqu’à deux ans de prison sauf exceptions rares (viol ou menace pour la santé), ce cadre légal avait été jugé inconstitutionnel par la Cour constitutionnelle en 2019. Mais depuis lors, aucune nouvelle loi n’a encore été mise en place pour encadrer clairement ces pratiques médicales nécessaires.
Ce vide juridique génère désormais une véritable zone grise qui complique l’accès aux avortements sûrs pour les femmes sud-coréennes et alimente des situations tragiques comme celle vécue par Kwon et dénoncée aujourd’hui au grand jour.