La guerre moderne doit faire face à un nouveau défi : tromper non seulement les commandants ennemis, mais également l’intelligence artificielle qui les conseille. Selon des officiers de l’armée américaine, le succès des opérations militaires de déception repose sur la capacité à manipuler cette technologie avancée pour créer des faiblesses chez l’adversaire.
La nécessité d’adapter la tromperie militaire
Dans un monde où l’intelligence artificielle (IA) devient essentielle sur le champ de bataille, les stratégies de tromperie doivent évoluer. Les commandants militaires s’appuient désormais sur des outils d’IA pour évaluer rapidement les situations. Cela introduit de nouvelles vulnérabilités, en particulier pour les adversaires avec une structure rigide comme la Russie et la Chine, selon deux officiers américains, Mark Askew et Antonio Salinas.

« Les commandants ne peuvent plus compter sur des méthodes traditionnelles de tromperie comme cacher des mouvements ou des équipements de troupes », affirment Askew et Salinas dans leur essai pour le Modern War Institute à West Point. Ils soulignent qu’il est désormais nécessaire de « façonner les perceptions » dans ce nouvel environnement technologique.
Les défis posés par l’IA
Les nations contemporaines doivent se concentrer sur « alimenter leurs adversaires avec des données trompeuses qui peuvent manipuler leur interprétation ». L’idée est que l’IA peut devenir le talon d’Achille d’un commandant ennemi en perturbant son fonctionnement. En saturant ces systèmes avec de faux signaux ou en entretenant des informations inattendues, il est possible d’altérer leur analyse.
Cette manipulation pourrait rendre ineffectives certaines décisions basées sur une mauvaise interprétation du terrain.
Une dépendance accrue aux données
Pour déceler les intentions ou menaces ennemies actuelles, les armées modernes collectent et analysent une vaste quantité de données issues de différentes sources telles que drones, satellites, et écoutes radio. Si cette approche facilite la lutte contre certains éléments du champ de bataille, elle engendre aussi un risque accru en raison du volume excessif d’informations à traiter.
Bien que cela soit bénéfique pour certaines entreprises comme SCALE IA, qui bénéficient d’importants contrats du Pentagone, un désavantage demeure. Comme le note Askew : « L’IA peut coordonner et mettre en œuvre des réponses erronées beaucoup plus rapidement que les humains seuls ».
Oppositions centralisées face aux opportunités émergentes
Actuellement, la Russie utilise déjà l’intelligence artificielle dans ses drones tandis que la Chine déploie son système Deepseek pour optimiser sa planification stratégique. Toutefois, cette dépendance rend ces puissances particulièrement vulnérables si leurs systèmes sont nourris avec intentionnellement des données fallacieuses.
Les structures centralisées font défaut aux retours rapides nécessaires en cas d’évolution rapide du conflit ; « si l’IA au sommet reçoit des informations incorrectes », cela peut provoquer « erreurs généralisées » parmi ses décisions stratégiques prévues par ses commandants humains.
Aperçus historiques comparatifs
Comme dans l’Antiquité où il a piégé ses ennemis par biais trompeurs similaires aux manœuvres modernes suggérées aujourd’hui.
Bien que la surveillance puisse fournir une clarté épisodique, ce n’est pas suffisant. Soulignant encore une fois qu’« un agent provocateur » est nécessaire.