McKinsey adapte son modèle de facturation face aux évolutions de l’IA

Le cabinet de conseil McKinsey & Company annonce une transformation significative dans son approche commerciale, désormais empreinte des transformations apportées par l’intelligence artificielle (IA). Un quart de ses honoraires découle d’une tarification basée sur la performance, alors que les attentes des clients se réorientent vers des projets complexes et longs.
À Londres, lors d’un événement médiatique début novembre, Michael Birshan, associé directeur pour le Royaume-Uni, l’Irlande et Israël chez McKinsey, a déclaré : « Nous concluons davantage d’accords basés sur la performance avec nos clients ». Traditionnellement, les consultants estimaient leurs frais selon la portée et la durée des projets. À présent, « Voici le résultat que nous aimerions atteindre », affirment les clients. Les tarifs dépendent désormais largement des résultats générés par McKinsey.
Ce modèle est en pleine expansion : environ 25% des frais globaux proviennent aujourd’hui de cette nouvelle approche. Loin d’être une création récente liée uniquement à l’IA, cette forme de tarification a évolué avec l’accroissement du travail pluriannuel et multidisciplinaire proposé par McKinsey. Selon Kate Smaje, leader mondial technologie et IA au sein du cabinet : « La transformation demandée par l’IA convient particulièrement à ce type de travail ».
Les entreprises recherchent un partenariat plus étroit avec McKinsey lorsqu’elles effectuent « gros paris sur leur carrière ». Avec ce changement, la mesure du succès repose sur divers indicateurs comme les objectifs financiers ou les scores de satisfaction client.
Smaje souligne également qu’il ne s’agit plus simplement d’apporter un conseil stratégique : moins de 20%de leur activité actuelle correspond à ce domaine. Le cabinet se positionne désormais comme un « véritable partenaire », fournissant expertise et soutien dans tout le processus transformationnel.
Ces changements au sein de McKinsey reflètent une tendance générale dans le secteur du conseil, où l’intelligence artificielle redéfinit tantôt les structures organisationnelles que les modèles économiques. En janvier dernier, Raj Sharma, associé directeur mondial chez EY pour la croissance et l’innovation avait exprimé ces préoccupations : « C’est un moment où bon nombre des principes fondamentaux du modèle de services professionnels sont remis en question ».
À travers ces évolutions stratégiques, McKinsey pourrait bien s’imposer comme un acteur clé face aux défis posés par une industrie en mutation rapide grâce aux nouvelles technologies.