Crise politique majeure à Madagascar : Andry Rajoelina sous pression alors que des manifestations éclatent

Le climat politique à Madagascar est tendu, marqué par une montée des contestations contre le président Andry Rajoelina. Sur fond de bouleversements sociaux et de soutiens militaires aux manifestants, des violences ont déjà causé au moins 22 décès. Les nouvelles révélations sur l’exil du chef d’État ajoutent à la confusion.
Des manifestations massives dans la capitale
Au cours du week-end dernier, un mouvement de protestation s’est intensifié depuis son déclenchement le 25 septembre. Des milliers de Malagasy se sont regroupés place du 13-mai à Antananarivo, réclamant des droits fondamentaux comme l’électricité et la liberté d’expression, mais appelant désormais à la démission de Rajoelina. Un étudiant en droit a déclaré : « Nous attendons déjà qu’il s’excuse auprès de tous les Malgaches, parce qu’on a eu beaucoup de blessés ».
D’autres manifestants expriment une impatience croissante face à ce qu’ils perçoivent comme un système politique obsolète : « Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vu », a affirmé une étudiante.
Réaction du pouvoir en place
Andry Rajoelina, qui avait pris ses fonctions après les élections controversées en 2018 et réélu en 2023 avec le boycott notable des partis d’opposition, a dénoncé « une tentative de prise du pouvoir illégale ». Dimanche dernier, il aurait quitté Madagascar pour La Réunion via un avion militaire français selon RFI, sans confirmation officielle de l’État français.
Dans le cadre des tensions actuelles, Rajoelina avait prévu une allocution nationale qui a été reportée plusieurs fois suite à l’intervention armée d’une unité militaire nommée Capsat, connue pour son rôle dans le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 2009. Les soldats ont incité leurs collègues à ne pas tirer sur les manifestants et ont été présents lors des manifestations.
Lundi, un décret présidentiel a accordé des remises de peine qui incluent le cas du Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, emprisonné depuis 2021 pour tentative de coup d’État. Cet acte pourrait signaler un geste vers la réconciliation ou tremper davantage la crise selon les analystes.
La situation sécuritaire et économique alarmante
Un bilan fourni par les Nations Unies rapporte au moins 22 morts et plus d’une centaine de blessés convertissant ce mouvement populaire en crise grave où chaque camp accuse l’autre quant aux chiffres concernant ces pertes humaines.
Madagascar fait face à un environnement économique difficile où près de 80% des habitants vivent avec moins de 15.000 ariary (environ 2,80 euros) par jour.
Avec ces événements marquants se dessine-t-il un changement profond dans la société malgache actuelle ou simplement un soubresaut parmi tant d’autres ? Les prochains jours seront décisifs dans cette période troublée pour l’île rouge.