Olivier Behra : un pionnier de la conservation à Madagascar

Olivier Behra, spécialiste des crocodiles devenu acteur clé de la biodiversité à Madagascar, allie conservation écologique et développement économique. Son parcours atypique témoigne d’une détermination sans faille pour restaurer un écosystème menacé tout en améliorant les conditions de vie des communautés locales.
Un parcours hors norme
Après avoir échoué au baccalauréat, Olivier Behra retourne au Cameroun, où il a grandi jusqu’à ses 13 ans. En quête d’un nouveau départ, il se lance alors dans une carrière axée sur sa passion : les crocodiles. De soigneur au zoo de Vincennes à chercheur associé au Muséum national d’histoire naturelle, son enthousiasme lui permet de devenir le plus jeune chef de projet des Nations unies à seulement 25 ans.
En 2005, lors d’un recensement des crocodiles à Madagascar, il est frappé par la beauté et la diversité biologique de l’île menacée par une déforestation alarmante.
Réconcilier écologie et économie
Face aux défis environnementaux croissants – 250 000 hectares de forêt disparaisant chaque année – Olivier Behra adopte une approche novatrice : « Si vous voulez sauver la biodiversité, il faut d’abord résoudre la pauvreté. » Pour pallier cette crise environnementale et humaine, il fonde l’ONG L’Homme et l’environnement en 1993.
En lançant un programme visant à transformer certaines plantes médicinales en produits rentables pour les agriculteurs locaux, comme l’huile essentielle de niaouli, ce modèle économique incite les population locales à préserver leur environnement plutôt qu’à l’exploiter destructivement. Actuellement, 2 800 tonnes d’huile essentielle sont produites annuellement grâce à ce programme.
Une entreprise sociale pionnière
En 2000, Olivier crée Aroma Forest, qui emploie environ 6 000 personnes pour produire ces huiles essentielles sans verser de dividendes aux actionnaires. Ce projet assure non seulement leur subsistance mais finance également des infrastructures telles que écoles ou maternités dans les villages environnants. Grâce à sa collaboration avec Chanel pour développer le gingembre du site Vohimana dans le cadre du programme « Man and Nature », ses initiatives touchent également le secteur du luxe.
Avec des efforts soutenus pendant quinze ans, plus de 100 hectares ravagés par les feux ont été reboisés et transformés en forêts dense abritant une biodiversité précieuse comprenant oiseaux endémiques et reptiles.
Perspectives futures
Au regard des enjeux actuels liés à la croissance démographique explosive – faisant passer Madagascar de 11 millions d’habitants en 1993 à près de 32 millions aujourd’hui – ainsi que « l’instabilité chronique » du pays accentuée par chaque crise décennale , Olivier exprime son optimisme face aux potentiels futurs :
« Une jeunesse motivée émerge. Si nous fédérons les énergies, nous pouvons arrêter la déforestation en quelques années ».
Maintenant impliqué dans des relations stratégiques entre entreprises internationales et communauté locales , Olivier s’emploie aussi désormaisà former une directrice malgache afin d’assurer un avenir durable aux projets lancés.
Conclure en réfléchissant
Le modèle élaboré par Olivier Behra dans cette région particulièrement vulnérable est essentiel autant pour lutter contre la pauvreté que pour sauvegarder cet héritage naturel inestimable avant qu’il ne soit trop tard. L’exemple Vohimana doit servir d’inspiration aux autres régions confrontées similaires défis mondiaux.