L’ancien PDG de Ford, Mark Fields, a exprimé ses préoccupations concernant les constructeurs automobiles américains qui ont surestimé la demande pour les véhicules électriques (VE). Depuis deux ans, ces acteurs ont investi massivement dans l’augmentation de leur capacité de production sans prendre en compte l’avis des consommateurs. Fields, âgé de 64 ans et dirigeant de Ford entre 2014 et 2017, a déclaré lors d’une interview dans l’émission « Power Lunch » sur CNBC : « Au cours des deux dernières années, les constructeurs automobiles ont vraiment déployé des efforts considérables pour accroître la capacité des véhicules électriques.

- Les constructeurs ont investi trop vite dans les VE sans bien connaître la demande des consommateurs.
- Certains investissements dans les VE ont été annulés en raison d'une croissance du marché plus faible que prévu.
- La fin des incitations fiscales pourrait réduire considérablement la demande de véhicules électriques aux États-Unis.
- Le marché européen continue de croître sans subventions, contrairement au marché américain.
Ils n’ont pas vraiment eu une bonne discussion sur le consommateur, en termes de ce qu’il faudrait pour inciter le consommateur à acheter ces produits EV ». D’après lui, cette erreur stratégique repose sur un problème fondamental : « Il s’agit clairement d’un problème dans lequel le marché ne s’est pas développé comme le pensaient les constructeurs automobiles ». À cette époque, certains investissements majeurs ciblant les VE ont été annulés « au cours des 18 derniers mois environ ».
Le constat est partagé par General Motors, qui a récemment annoncé dans un document officiel qu’elle comptait prendre une charge financière de 1,6 milliard de dollars afin d’ajuster sa stratégie en fonction de la demande des consommateurs. La société prévoit également que l’adoption des VE ralentisse après que l’administration Trump ait révoqué certaines incitations fiscales liées à ces véhicules. Sous l’administration actuelle du président Biden, un crédit d’impôt maximal allant jusqu’à 7 500 $ était accordé aux acheteurs réservant un véhicule électrique neuf et une aide similaire était octroyée pour les voitures électriques d’occasion jusqu’au 30 septembre dernier.
Le départ ouvrier plutôt abrupt de cette aide fiscale pourrait avoir un impact non négligeable selon plusieurs experts. Jim Farley, actuel PDG de Ford, a anticipé que sans ces incitations fédérales : « Je pense que ce sera une industrie dynamique, mais elle sera plus petite, bien plus petite que ce que nous pensions », indiquant ainsi une possible réduction significative des ventes. À l’opposé du spectre économique se trouve Jon McNeill, ancien président de Tesla.
Celui-ci soutient qu’un marché peut prospérer même sans subventions gouvernementales : « En Europe. particulièrement en France et en Allemagne. le marché a continué à croître » après la suppression des aides publiques. Cette divergence révèle une tension importante au sein du secteur automobile quant aux perspectives futures du marché américain des véhicules électriques. Les dirigeants continueront probablement à ajuster leurs stratégies alors que le débat autour d’une croissance durable demeure au cœur des priorités industrielles.