Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a témoigné au tribunal lors d’un procès antitrust majeur où la Federal Trade Commission (FTC) accuse son entreprise d’avoir acheté Instagram et WhatsApp pour éliminer la concurrence. Face à des questions pressantes, il a soutenu que construire de nouvelles applications était difficile et esquivé certaines interrogations sur ses méthodes.
Le procès antitrust contre Meta
Le procès antitrust contre Meta se déroule devant le tribunal de district américain du district de Columbia. Le témoignage de Mark Zuckerberg est un moment clé dans cette affaire qui pourrait avoir des conséquences significatives pour l’avenir de l’entreprise fondée en 2004.

Zuckerberg face aux accusations de la FTC
« La construction d’une nouvelle application est difficile », a déclaré Zuckerberg lorsqu’il a été interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à acquérir Instagram en 2012 pour 1 milliard de dollars et WhatsApp en 2014 pour 19 milliards de dollars. Selon lui, le développement interne d’applications n’a pas toujours donné les résultats escomptés : « Nous avons probablement essayé de construire des dizaines d’applications… et la majorité d’entre elles ne vont nulle part ».
La FTC cherche à prouver que ces acquisitions ont été motivées par le désir d’éliminer une menace concurrentielle
Le juge James E. Boasberg préside ce procès où les avocats tentent d’établir que Meta a maintenu son pouvoir sur le marché en supprimant ses rivaux via ces fusions. Les procureurs soutiennent qu’en achetant Instagram et WhatsApp, Meta a considérablement renforcé sa position dominante dans le secteur des réseaux sociaux, privant ainsi les consommateurs d’options alternatives. En cas de réussite des poursuites, la FTC pourrait demander la dissolution forcée des acquisitions contestées.
Une stratégie controversée
Zuckerberg a également révélé qu’il avait échangé plusieurs courriels avec ses collaborateurs avant ces acquisitions. Dans un message adressé à Sheryl Sandberg, alors directrice des opérations chez Meta, il évoque leur collaboration autour du jeu « Les Colons de Catane » tout en critiquant certains membres internes dont il estimait que leurs performances justifiaient l’achat d’Instagram.
« Un milliard de dollars coûte très cher », commenta-t-il lors du témoignage en réponse aux enjeux financiers liés aux acquisitions.
Les enjeux financiers et concurrentiels
D’autre part, dans un e-mail datant de 2013, il prévenait ses dirigeants sur le risque posé par des concurrents asiatiques tels que Kakao et WeChat : « Ces entreprises essaient de construire des réseaux sociaux et de nous remplacer ». Il souligna ainsi que les revenus étaient moins préoccupants comparés au risque concurrentiel existant.
La lutte contre l’hégémonie numérique
Le procès s’inscrit dans une tendance plus large observée aux États-Unis où les régulateurs tentent dissuader les comportements monopolistiques parmi les grandes entreprises technologiques telles qu’Amazon ou Google. Cette lutte contre l’hégémonie numérique éveille questionnements quant à l’équilibre entre innovation technologique et loyauté commerciale dans un secteur rapide en évolution exponentielle.
Zuckerberg poursuivra son témoignage prévu pour un total combiné de sept heures, tandis que Sheryl Sandberg et Kevin Systrom, co-fondateur d’Instagram, sont également appelés à témoigner cette semaine dans ce contexte judiciaire important pour l’avenir économique menacé par la dynamique actuelle.