Le procès du meurtre de Lola : un verdict lourd d’émotion
Le procès de Dahbia Benkired pour le viol, la torture et le meurtre de Lola, une fillette de 12 ans, a pris fin dans une atmosphère poignante. Reconnaissant l’accusée coupable le 24 octobre 2023, la cour d’assises a prononcé à son encontre une peine de réclusion criminelle à perpétuité incompressible. En attendant un éventuel appel, elle passera vraisemblablement sa vie en prison.

Un témoignage bouleversant
Suite au verdict, la mère et le frère de la victime, Delphine et Thibault Daviet, ont accepté de témoigner sur leur douloureuse expérience lors des audiences. Pour eux, faire face à Dahbia Benkired était indispensable. Delphine Daviet a partagé ses impressions: « La première fois qu’elle est rentrée dans la salle d’audience, ça m’a fait bizarre, oui. Déjà, elle n’était pas reconnaissable par rapport à la femme qui était sur les réseaux. Elle n’était plus du tout la même ».
Thibault a quant à lui souligné l’importance symbolique de cette confrontation : « C’était important pour moi (de la regarder droit dans les yeux) pour voir quelle personne c’était. Pendant une semaine, je l’ai regardée et je n’ai rien vu de tout ça », révélant ainsi le total manque d’empathie constaté chez l’accusée.
L’horreur confrontante
Delphine Daviet-Ropital a décrit ces moments difficiles comme marquants: « Ça m’a fait très bizarre, c’était choquant. On se dit : ‘C’est réel, on est dans le vrai’ ». Malgré son besoin de comprendre les émotions d’une meurtrière sans remords visible – aucune larme ni aucun regard vers eux –, cette douleur restera gravée.
Les images diffusées pendant le procès étaient insoutenables ; des photos du corps sans vie de Lola ainsi que des vidéos montrant l’accusée errant avec une malle ont été projetées en audience. Delphine a choisi d’y faire face : « J’ai vraiment voulu tout savoir. Il fallait que je ressente les choses ».
L’appel à la vérité
Delphine souhaitait également que « toute la France soit au courant » des atrocités subies par sa fille pour que «la vérité soit établie devant tout le monde». Elle s’interroge encore sur ce qui a conduit Lola à suivre celle qui lui a ôté la vie : ^« Pourquoi ma fille l’a suivie ? […] Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans sa tête ». Ouverte sur ses blessures permanentes et ses interrogations laissées sans réponse après ce drame atroce, elle conclut avec amertume : ^« Ça m’apaise un peu mais Lola ne reviendra pas… C’est moi. qui avons pris perpétuité^ ».
Ce verdict représente un premier élément réparateur pour Delphine et Thibault Daviet mais souligne aussi l’écrasante réalité où justice rendue ne rime jamais avec apaisement total auprès des victimes.