Chapô
- Les subventions de l'ACA vont expirer fin 2024, entraînant une hausse des primes jusqu'à 75 %.
- Cela pourrait augmenter la facture annuelle de certains foyers de plus de 1000 dollars.
- Des groupes à hauts revenus deviennent éligibles, ce qui risque d'aggraver le déficit fédéral.
- L'expiration pourrait provoquer une augmentation du nombre de non assurés et des coûts pour ceux qui restent couverts.

Les Américains de la classe moyenne s’apprêtent à faire face à une augmentation significative des primes d’assurance maladie en 2024, alors que les subventions élargies de la Loi sur les soins abordables (ACA) vont expirer. Cette hausse pourrait atteindre jusqu’à 75%, imposant un fardeau financier supplémentaire aux ménages.
Une fin imminente des subventions élargies
À la fin de l’année, les politiques mises en place durant l’administration Biden pour étendre l’admissibilité aux subventions de l’ACA devraient prendre fin. Selon des experts, cela pourrait entraîner une augmentation moyenne des coûts de prime d’assurance maladie pour les Américains inscrits sur le marché.
Sans ces subventions, qui avaient réduit les frais de primes d’environ 44% en 2024, certains foyers pourraient voir leurs coûts annuels augmenter de 1 000 $ ou plus. Environ 19,3 millions d’Américains bénéficiaient actuellement de ces crédits d’impôt premium.
Miranda Yaver, professeure adjointe à l’Université de Pittsburgh et boursière au Roosevelt Institute, a qualifié ces subventions améliorées de « changeur de jeu » pour ceux qui n’étaient pas éligibles à Medicaid mais qui peinent toujours financièrement. Elle a déclaré : « Si vous rassemblez des emplois meilleurs que le salaire du minimum, mais toujours des emplois horaires. ».
Des justifications contrecarrées par le déficit potentiel
Certains législateurs républicains estiment que cette extension trop large des aides financières pourrait bénéficier aux foyers à revenus élevés tout en alourdissant le coût total pour le pays. D’après une projection du Congressional Budget Office (CBO), rendre cette politique permanente pourrait accroître le déficit fédéral jusqu’à 335 milliards $ sur dix ans et diminuer les revenus fiscaux par 60 milliards $.
Les représentants Jason Smith et Jodey Arrington ont exprimé leur inquiétude dans une lettre : « Il est particulièrement préoccupant qu’en supprimant la limite d’éligibilité. certaines familles gagnant jusqu’à 599 000 $ sont désormais éligibles ».
Avant cette réforme, seuls ceux dont le revenu se situait entre 100% et 400% du seuil fédéral de pauvreté, soit environ entre 15 650 $ et 62 600 $, pouvaient bénéficier d’aides.
Christen Young du Brookings Institution souligne que certains groupes nouvellement éligibles pourraient enregistrer des économies allant jusqu’à 15 000 $ par an, affirmant : « Ce sont les personnes qui sont confrontées à une augmentation particulièrement importante des primes lorsque ces améliorations expirent ».
Impact négatif sur toute la population assurée
L’expiration imminente pourrait également conduire plusieurs jeunes adultes en bonne santé à renoncer à leur couverture d’assurance. Cela provoquerait une hausse accrue des coûts pour ceux restant couverts sous l’ACA.
Yaver a précisé que cette dynamique rendrait plus cher l’assurance pour ceux restant : « Ce sont les compagnies d’assurance qui corrigent le fait que… »
Une étude prévoit qu’une absence prolongée dans ce secteur santé entraînera potentiellement jusqu’à 4,2 millions d’Américains supplémentaires non assurés avant 2034 si aucune mesure n’est prise.
Le Congrès dispose encore théoriquement de la possibilité d’étendre ces subventions; cependant, aucune intervention ne semble probable sans un consensus bipartite dans un climat économique instable où même une dépense additionnelle inattendue peut être difficilement supportable pour beaucoup.
« L’Américain moyen aurait du mal à s’adapter… », conclut Yaver.