Le ministère américain de la Justice souhaite scinder la technologie publicitaire de Google, disent les avocats

Le ministère de la Justice américain dévoile sa stratégie contre Google

Vendredi, le ministère de la Justice a présenté un plan ambitieux pour lutter contre le monopole publicitaire de Google. Cette initiative pourrait mener à des exigences de découpage des activités publicitaires de l’entreprise dans un délai d’un an. Un tribunal évaluera les éventuelles remédiations à apporter suite à un jugement passé qui a reconnu ce monopole.

Le ministère américain de la Justice souhaite scinder la technologie publicitaire de Google, disent les avocats

Un débat juridique rouvert

Lors d’une audience dirigée par la juge Leonie M. Brinkema du tribunal de district américain pour le district oriental de Virginie, des représentants gouvernementaux ont exposé leurs inquiétudes concernant le contrôle excessif exercé par Google sur ses outils publicitaires. La juge avait statué précédemment que Google détenait effectivement un monopole sur certaines parties d’un système complexe permettant l’affichage d’annonces.

L’avocat du ministère de la Justice a précisé que « nous nous attendons à demander au tribunal de forcer Google à céder les outils utilisés par les éditeurs en ligne pour vendre leur espace publicitaire », en plus des technologies reliant ces éditeurs aux annonceurs.

Des enjeux considérables

Julia Tarver Wood, avocate principale du gouvernement, a exprimé des préoccupations marquées en déclarant : « Laisser Google avec 90% des éditeurs qui lui sont redevables est franchement trop dangereux ». Les avocats de Google rétorquent que diviser l’entreprise irait à l’encontre des précédents juridiques établis et engendrerait une perte significative des protections en matière de sécurité et confidentialité.

La demande actuelle fait partie d’une démarche plus large et intervient également alors qu’une deuxième audience se tient devant un tribunal fédéral à Washington. Dans ce cadre-là, le gouvernement espère contraindre Google à vendre son navigateur Chrome ainsi que d’autres éléments clés.

Conséquences potentielles

Si les demandes énoncées aboutissent, cela constituerait probablement une restructuration sans précédent d’une entreprise technologique majeure depuis les années 1980. En effet, on se souvient que AT&T avait été contrainte lors d’un règlement antitrust par le ministère de la Justice à se scinder en plusieurs sociétés.

Les arguments mis en avant par le gouvernement s’appuient sur une accusation selon laquelle Google monopolise illégalement trois composants essentiels : les outils servant les sites Web pour publier leur espace publicitaire ouvert, ceux employés par les annonceurs pour acquérir cet espace et enfin, le logiciel embarqué synthétisant ces deux acteurs lors des transactions.

La juge Brinkema doit encore convoquer une nouvelle audience afin d’explorer ces recours durant le mois de septembre prochain.

Répercussions possibles sur Internet

Dans cette affaire connue sous le nom AD Tech déposée en 2023, l’accusation souligne comment « Google » domine techniquement et économiquement un secteur peu visible permettant aux annonces internet de fonctionner efficacement via vente aux enchères en temps réel lorsque une page web charge.

En face du dossier complexe élaboré par l’État fédéral, Karen Dunn, l’avocate principale représentant Google affirme quant à elle : « C’est très probablement complètement impossible. sans causer de problèmes graves ». Elle ajoute aussi qu’attirer potentiellement des acheteurs fiables serait déjà difficile en raison des investissements considérables requis dans cette technologie spécialisée.

À mesure que cette controverse se déroule devant les tribunaux américains, il sera crucial non seulement pour Google, mais également pour tout l’écosystème numérique mondial richement interconnecté comment s’organisera finalement cette lutte fratricide entre régulation gouvernementale et pouvoir technologique.