Les exportations de montres suisses connaissent une forte croissance grâce à la demande américaine, malgré des incertitudes liées aux tarifs douaniers proposés par Trump. En avril, les exportations ont augmenté de 18,2%, avec les États-Unis représentant un marché clé. Cependant, l’Asie souffre d’une baisse significative des ventes.
- Les exportations de montres suisses aux États-Unis ont augmenté de 18,2% en avril 2023.
- Cette croissance est due à des expéditions précoces anticipant des tarifs douaniers sur les produits de luxe.
- Andrew du Plessis note que cette poussée des exportations montre la résilience des montres de luxe aux États-Unis.
- Malgré cette tendance, la prévision tarifaire reste préoccupante pour l'industrie horlogère suisse.

Une augmentation des exportations vers les États-Unis
La Fédération de l’industrie de la surveillance suisse a publié un rapport indiquant que les exportations de montres suisses ont connu une hausse remarquable de 18,2% en avril 2023. Cette croissance est particulièrement notable dans le contexte américain où près de 851,9 millions de francs suisses d’importations ont été enregistrées.
Cette dynamique est principalement attribuée à des expéditions précoces motivées par l’anticipation d’une augmentation significative des tarifs douaniers américains sur les produits de luxe, annoncée par Donald Trump le 2 avril 2023.
Des inquiétudes quant aux futurs tarifs
Andrew du Plessis, directeur commercial du Luxury Network USA, souligne que « la poussée des exportations vers les États-Unis… est une indication claire de la résilience et des opportunités uniques offertes par les montres de luxe parmi les consommateurs américains aisés ».
Cependant, la prévision tarifaire reste préoccupante pour l’industrie. Les biens peuvent faire face à des frais allant jusqu’à 31%, ce qui pourrait affecter la rentabilité et l’accessibilité pour certains acheteurs potentiels.
Une tendance à long terme : investissement dans le luxe
Selon Neri Karra Sillaman, auteur et expert en entrepreneuriat à la Said Business School de l’Université d’Oxford : « L’industrie surveillée voit une augmentation d’intérêt – non seulement des collectionneurs traditionnels mais aussi des acheteurs pour la première fois traitant ces produits comme des actifs durables ». Elle ajoute qu’un Patek Philippe ou même une montre vintage bien entretenue sont considérés comme « des investissements » fiables en période d’incertitude économique.
Avec un taux d’exportation supérieur à 3 600 € (3 000 francs), affichant une croissance spectaculaire de 22,9%, il devient clair que beaucoup voient ces objets non seulement comme ornements mais aussi comme refuges financiers. « Les gens font confiance à la valeur d’un Rolex ou d’un Patek Philippe plus qu’à un stock volatile en ce moment », conclut-elle.
Un contraste marqué avec le marché asiatique
Malgré cette vitalité sur le marché américain, l’Asie connaît une chute alarmante dans ses volumes d’exportation. La Fédération a observé un déclin net : environ 30,5% pour la Chine et 22,8% pour Hong Kong pendant ce même mois. Singapour affiche également une descente avec une diminution s’élevant à 9,2%.
Ces résultats suggèrent que tandis que le marché américain nourrit activement son intérêt envers les montres suisses haut-de-gamme avant toute éventuelle hausse tarifaire effective, celui-ci se heurte actuellement au ralentissement économique du secteur du luxe en Asie où marques telles que Rolex et Cartier peinent à maintenir leurs niveaux habituels de vente.
Dans ce climat si contrasté entre prospérité américaine et défi asiatique pour l’industrie horlogère suisse se pose désormais un enjeu crucial quant aux adaptations stratégiques que devront envisager ces marques emblématiques face aux fluctuations du marché global contemporain.