Neil Young attaque le comité de Donald Trump pour 10 millions de dollars après l'usage d'une chanson lors d'un rassemblement

Le chanteur canadien Neil Young a déposé une plainte de 10 millions de dollars contre un comité de collecte de fonds lié à Donald Trump, qu’il accuse d’avoir utilisé sans autorisation sa chanson « Rockin’ in the Free World » lors d’un meeting dans l’Ohio.

Neil Young attaque le comité de Donald Trump pour 10 millions de dollars après l’usage d’une chanson lors d’un rassemblement

Selon le document de cinq pages obtenu par Rolling Stone, Donald Trump était « personnellement conscient qu’une licence serait requise » pour jouer ce morceau lors d’un événement. Il savait aussi que Neil Young « n’a pas accordé et n’accorderait pas la licence requise ». La plainte relève que cet usage intervient malgré une procédure antérieure et un accord conclu en 2020, dans lequel Donald Trump aurait accepté de ne jamais utiliser la musique de Neil Young sans permission. Donald Trump n’est pas nommé à titre personnel comme défendeur dans cette nouvelle plainte.

Dans ce texte, Neil Young et ses avocats, Robert Besser et Scott Simmons, décrivent la chanson comme « un hymne cinglant qui oppose les promesses creuses de la rhétorique politique américaine aux réalités sévères vécues par les pauvres, les sans-abri et les oubliés ». Ils ajoutent que les paroles dressent « des portraits saisissants de la rue », entre une mère abandonnant son bébé, des toxicomanes perdus dans le désespoir et des ordures amassées à l’ombre de la prospérité, tandis que le refrain « célèbre une liberté que tous ne partagent manifestement pas ».

Le morceau, sorti en 1989, est selon eux « le contraire de tout ce que Donald J. Trump représente ». Ce titre a par ailleurs été désigné par Rolling Stone comme la meilleure chanson rock vintage de 2026.

Un différend qui remonte à 2015

Le conflit juridique entre Neil Young et Donald Trump ne date pas d’hier. En 2015, Donald Trump avait utilisé le morceau lors de l’annonce, dans la Trump Tower, de sa candidature à la présidentielle. Neil Young avait immédiatement réagi. Son porte-parole avait alors déclaré : « Donald Trump n’était pas autorisé à utiliser « Rockin’ in the Free World » dans l’annonce de sa candidature à la présidence. » Il avait précisé que « Neil Young, citoyen canadien, soutient Bernie Sanders pour la présidence des États-Unis d’Amérique ».

Lorsque Donald Trump a rejoué la chanson en 2018, le chanteur s’est de nouveau opposé à son usage. Il avait alors adressé une lettre publique, largement relayée, pour demander l’arrêt de cette utilisation. « Il n’a pas voulu écouter ma demande, pas plus qu’il n’écoute les nombreuses voix américaines qui lui demandent de cesser ses mensonges constants, ses insultes mesquines et ses intimidations », écrivait-il alors sur son site internet.

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Neil Young, âgé de 80 ans, a déposé cette nouvelle plainte devant un tribunal fédéral de Virginie, où le comité de collecte de fonds est installé. Il affirme que la chanson a été jouée le 12 octobre lors d’un meeting à Youngstown, dans l’Ohio, où Donald Trump a prononcé un discours.

Le chanteur n’est pas le seul à s’opposer à l’usage de musiques lors des événements politiques de Donald Trump. The White Stripes, Rihanna, Axl Rose, Pharrell Williams, Linkin Park ainsi que les ayants droit de Tom Petty et de Sinéad O’Connor ont tous publiquement contesté l’utilisation de leurs chansons.

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