La destruction de la forêt des Hongana Manyawa face à l’exploitation minière
Ngigoro, un membre du peuple hongana manyawa, s’est rendu à Paris pour alerter sur les dangers que représente l’exploitation minière par le groupe Eramet et son partenaire chinois Tsingshan sur leur territoire en Indonésie. Leur forêt d’Halmahera, riche en nickel, est menacée alors que la communauté fait face à une déforestation massive.

Un peuple confronté à la ruée minière
Ngigoro a quitté son île natale d’Halmahera pour exposer un message urgent : « Je suis venu jusqu’en France pour dire à Eramet et au gouvernement français qu’ils doivent arrêter l’exploitation minière dans la forêt des Hongana Manyawa. S’ils ne le font pas, mes proches non contactés mourront. Les entreprises s’enrichissent sur le dos de nos morts ».
À Halmahera, où vivaient autrefois environ 3 500 personnes dont 500 en isolement volontaire, les conséquences de cette exploitation sont déjà dramatiques. La déforestation a entraîné « rivières brunies », « poissons disparus » et absence de gibier. Ngigoro décrit une perte tragique : « L’entreprise a volé et détruit notre forêt. Tout autour de nous, ils vont détruire ce qui reste, mais on ne va pas les laisser faire ».
Pollution et impacts sanitaires
Les villages proches de la mine souffrent également de la pollution de l’eau : une femme du peuple hongana manyawa témoigne : « Ils empoisonnent notre eau et nous donnent l’impression d’être tués à petit feu ». Cette situation contraint certains habitants à acheter leur eau en bouteille.
Le paradoxe est frappant : alors que le nickel extrait nourrit les batteries des voitures électriques censées incarner une transition écologique, Ngigoro avertit contre ce sacrifice inacceptable : « Si vous voulez acheter le nickel d’une compagnie minière. demandez d’abord d’où il vient ».
Appel désespéré pour préserver sa culture
Devant le siège parisien d’Eramet, il insiste sur la nécessité vitale de sauver leur habitat naturel malgré l’indifférence apparente des exploitants : « Si nous ne soutenons pas ce combat pour la forêt, nos parents non contactés mourront. Sans aide, mes parents qui vivent dans la forêt mourront ».
Eramet maintient avoir pris soin des populations locales tout en admettant être actionnaire minoritaire dans cette exploitation controversée. Cependant, cela n’a pas suffi à restaurer la confiance parmi les Hongana Manyawa.
Poursuite du combat
Face aux menaces pesant sur leurs terres ancestrales et leur mode vie traditionnel, Ngigoro conclut avec détermination : « Nous protégerons cette forêt autant que nous le pourrons. Si elle venait à être détruite, où vivrons-nous ?». Ce cri du cœur souligne l’urgence d’une prise de conscience collective quant aux impacts environnementaux des activités minières modernes.
Ce drame illustre combien souvent derrière les besoins contemporains se cachent des réalités humaines dévastatrices que trop peu prennent encore en considération aujourd’hui.