Le réalisateur chinois Jia Zhangke, figure incontournable du cinéma mondial, présente son nouveau film « Pris par les marées », un projet réalisé durant le confinement. À travers ce long-métrage, il retrace deux décennies de transformations sociales en Chine via des personnages familiers et une esthétique documentariste.
Retour sur un parcours narratif
Au début de l’année 2003, Jia Zhangke avait captivé le public occidental avec son film à succès « Plaisirs inconnus », qui a ouvert la voie à sa reconnaissance internationale. Ce long-métrage mêle habilement drame et éléments documentaires grâce à une esthétique réaliste. En effet, Jia est considéré comme l’un des cinéastes chinois les plus influents du XXIe siècle.

Au cours des vingt dernières années, le réalisateur a enrichi sa filmographie avec une gamme variée de courts-métrages et de longs-métrages. Ses œuvres vont des thrillers violents aux tragédies sociales mélancoliques, comme « La vie morte » ou « Les montagnes peuvent partir ». Son dernier opus évoque la vie quotidienne en Chine au fil du temps et s’inscrit dans un panorama observant les évolutions sociales sous un regard lucide.
Un film ancré dans la réalité contemporaine
Réalisé pendant les confinements liés à la pandémie de COVID-19, « Pris par les marées » tisse ensemble différents extraits d’œuvres passées de Jia tout en offrant une réflexion sur l’évolution durable de son pays natal. Le film se rapproche d’une sorte d’album rétrospectif sur la carrière de Jia ainsi que sur l’histoire moderne chinoise.
Son épouse et muse Zha Tao reprend son rôle iconique issu des Plaisirs inconnus, celui de Qiao Qiao, dépeignant une jeune femme dont les aspirations restent coincées dans un cycle temporel stagné. Ce retour est marqué par des références visuelles aux films précédents tout en illustrant le changement inévitable provoqué par le passage du temps.
Entre nostalgie et modernité
Malgré cette évolution incessante reflétée à l’écran, il reste constante la lutte pour se souvenir et espérer en ces temps troublés.
Le film bifurque vers son troisième acte où « la monétisation des médias sociaux » émerge comme nouvelle norme sociale dans le contexte pandémique actuel. Au milieu des masques médicaux omniprésents apparaît aussi un moment fort dramatiquement chargé lorsque Zhao Tao fait sensation malgré ses costumes contraignants.
Une œuvre touchante
La conclusion prise par « Pris par les marées » laisse entrevoir non seulement les pièges mais aussi les plaisirs inédits du futur; une ode à vivre chacun instant malgré l’adversité persistante figurée par ces vagues incessantes que nous devons tous naviguer.
Avec ce dernier film magistralement conçu face à notre époque tumultueuse, Jia Zhangke souligne brillamment l’importance d’engager chaque regard vers notre passé pour mieux envisager notre futur collectif.