Chapô : Le président Donald Trump a signé un décret permettant aux investissements en capital-investissement d’être intégrés aux comptes de retraite 401(k), une mesure qui suscite des inquiétudes parmi les experts. Ces derniers alertent sur les risques associés à l’illiquidité et aux frais élevés du capital-investissement, susceptibles d’affecter les portefeuilles des ménages américains.
- Trump a signé un décret pour intégrer le capital-investissement dans les comptes 401(k).
- Les experts craignent des risques d'illiquidité et de frais élevés, pouvant nuire aux épargnants.
- Ce changement s’inscrit dans une tendance à mêler marchés publics et privés, mais suscite des inquiétudes.
- Il pourrait rendre les plans de retraite moins sécurisés en cas de conjoncture défavorable.

Un décret controversé
Le président Donald Trump a pris une décision importante jeudi dernier en signant un décret visant à faciliter l’intégration d’un éventail d’investissements alternatifs, dont le capital-investissement, dans les plans de retraite 401(k). Ces comptes sont généralement considérés comme des véhicules de placement simples et peu risqués. Les sociétés de capital-investissement ont exercé des pressions sur l’administration pour accéder à ce marché évalué à 12 billions de dollars.
Les préoccupations soulevées par cette nouvelle réglementation se concentrent autour du risque accru qu’elle pourrait engendrer pour les épargnants ordinaires. Des experts mettent en garde que le capital-investissement est souvent associé à une concentration dans quelques entreprises, une liquidité limitée, et une évaluation difficile au quotidien.
Jeffrey Hooke, professeur à la Johns Hopkins Carey Business School, a exprimé son scepticisme : « Le private equity obtient toujours ce qu’il veut au Congrès, mais je pense que c’est une mauvaise idée. C’est illiquide; les frais sont très élevés. Les fonds de capital-investissement ne battent pas généralement le marché boursier ».
Une tendance atypique
L’inclusion du capital-investissement dans les régimes de retraite n’est pas un hasard ; elle s’inscrit dans une évolution plus large mêlant marchés publics et privés. La pandémie a vu une croissance fulgurante du secteur du capital-investissement alors que ses acteurs achetaient des sociétés avec un endettement bon marché. Cependant, face à des taux d’intérêt plus élevés rendant ce modèle moins viable, le secteur voit là une occasion d’accéder aux fonds issus des retraites.
Brian Payne, stratège chez BCA Research, décrit cette initiative comme « une rampe de sortie pour la situation actuelle en cours pour le capital-investissement ». D’après lui, environ 4 000 à 6 500 sorties potentielles ont été retardées ces deux dernières années selon PWC.
Risques liés aux nouvelles règles
Malgré l’attrait potentiel du capital-investissement qui peut sembler générer davantage de rendements grâce à sa nature non liquide – souvent nécessitant plusieurs années avant que l’investisseur puisse récupérer son argent –, cela comporte également des inconvénients notables.
Hooke a mis en garde : « Cela rendra les plans de retraite sous-optimaux. Lorsque vous vous engagez au détail sur les marchés opaques […] cela ne se termine pas bien ». L’ajout d’actifs complexes comme ceux-ci pourrait ainsi donner lieu à un déséquilibre significatif si la conjoncture économique venait à évoluer défavorablement.
Bien que certains experts anticipent néanmoins qu’environ 10% seulement des actifs retraite pourraient être alloués au capital-investissement dans un avenir proche, offrant ainsi un certain niveau de protection contre la volatilité extrême, il demeure essentiel que les politiques publiques prennent en compte ces enjeux avant tout changement substantiel.
La question reste ouverte quant à l’impact réel que cette décision aura sur l’avenir financier des millions d’Américains ayant recours aux comptes 401(k).