À Paris, La Droite Veut Des Drones, La Reconnaissance Faciale Et Des Robots Patrouilleurs devient : À Paris, la droite veut des drones, la reconnaissance faciale et des robots patrouilleurs

À Paris, la droite municipale détaille ses propositions de sécurité, portées par Grégory Canal, nouveau patron de la droite parisienne et principal opposant au maire Emmanuel Grégoire. La reconnaissance faciale, les drones, les robots patrouilleurs et le renforcement de la police municipale figurent parmi les mesures, chiffrées à 631 millions d’euros sur six ans.

À Paris, La Droite Veut Des Drones, La Reconnaissance Faciale Et Des Robots Patrouilleurs devient : À Paris, la droite veut des drones, la reconnaissance faciale et des robots patrouilleurs

Le mercredi 28 octobre, sur le parvis du cinéma UGC du XIXe arrondissement, plusieurs dizaines de toxicomanes sont installés dans la forêt urbaine voisine. Un maraîcher présent deux jours par semaine, Ahmed, raconte que son camion a déjà été dégradé à plusieurs reprises, « juste sous les caméras! ». Six objectifs surplombent le boulevard Macdonald.

Pour Pierre Liscia, élu du groupe d’opposition dans le secteur, le quartier est devenu la « nouvelle colline du crack ». Il estime que la présence policière ne change pas grand-chose et accuse la Ville d’avoir « fait le choix d’enkyster le problème dans un quartier pour éviter qu’il ne s’étende ».

Quels sont les moyens de sécurité proposés par la droite municipale ?

Grégory Canal juge que les caméras, comme souvent à Paris, ne servent qu’aux verbalisations. Il y a 4 500 caméras dans la capitale, et la droite en réclame 8 000. Elle souhaite également un croisement en temps réel des images avec le fichier des personnes recherchées, grâce à la reconnaissance faciale, ainsi qu’une centaine de drones équipés de caméras embarquées, au prix de 10 000 euros pièce, en cas d’événements particuliers.

Ces dispositifs nécessitent des modifications de la législation. Des propositions de loi seront déposées en ce sens par « nos amis parlementaires », selon l’élu. Canal ne cite plus Rachida Dati lorsqu’il présente des propositions, alors qu’elle demeure coprésidente du groupe.

Selon lui, la majorité socialiste regarde la sécurité « avec les lunettes de Bertrand Delanoë », maire de 2001 à 2014, dont Emmanuel Grégoire fut un proche collaborateur. Lui-même porte une vision de la sécurité « de 2040 ».

Comment la droite municipale prévoit-elle de renforcer la police ?

Le programme prévoit de porter le nombre de policiers municipaux à 5 000, contre 4 000 aujourd’hui, dont 2 400 agents de terrain. Il propose aussi l’achat de trente robots patrouilleurs, au prix de 250 000 euros pièce, capables de diffuser des alertes et des messages sonores. Cette utilisation nécessite également une évolution législative, car la loi qui étend les pouvoirs des polices municipales, actuellement au Parlement, n’englobe pas ces compétences.

Face à ceux qui y voient un gadget, Grégory Canal répond : « C’est inspiré de ce qui se fait en Asie. On veut la police la plus moderne d’Europe. » Éric Schahl, responsable « sécurité » du groupe Paris Liberté et ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, promet de son côté un comité éthique et déontologique renforcé, « avec des policiers, des magistrats, des victimes, des associations », pour accompagner ces technologies, dont l’usage peut être considéré par certains comme liberticide.

La droite prévoit par ailleurs d’envoyer des équipes spécialisées en zone périphérique, lorsque c’est nécessaire, et de créer des brigades dédiées aux violences sexistes et sexuelles, aux attaques contre les personnes LGBT+ ou à la lutte, en civil, contre les voleurs à la sauvette. Le rétablissement de la police de la circulation est également mis en avant : pour l’exercer, il faudrait à terme 400 temps plein, transférés par la préfecture de police.

Quel est le coût de ces mesures de sécurité?

Pour professionnaliser les agents, Paris Liberté veut doter la police municipale d’officiers de police judiciaire, permettant la constatation directe d’un délit, créer une académie et recruter des hauts fonctionnaires et des commissaires, pour un encadrement supérieur contractualisé avec l’État.

« Toutes ces mesures, on veut les soumettre directement aux Parisiens par un référendum », annonce Grégory Canal. Les mesures sont chiffrées à 631 millions d’euros au total sur six ans, investissement et fonctionnement annuel compris, sept mois seulement après l’élection du nouveau maire socialiste.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.