Chahut dans le secteur de l’IA : Alfred Lin alerte sur la viabilité des revenus expérimentaux
- Alfred Lin met en garde contre la durabilité des revenus expérimentaux dans l'IA.
- Il insiste sur l'importance de la qualité et de la fidélité des revenus pour évaluer les startups.
- Le secteur de l'IA pourrait connaître une bulle spéculative comparable à celle d'Internet.
- Des experts restent sceptiques, craignant un effondrement ou une surévaluation importante.

Alfred Lin, associé chez Sequoia Capital, met en garde contre un potentiel effondrement du boom actuel de l’intelligence artificielle (IA), soulignant que les « revenus expérimentaux » générés par les startups pourraient ne pas être durables. Lin appelle les investisseurs à examiner plus attentivement la qualité de ces revenus plutôt qu’à se concentrer uniquement sur une croissance rapide alimentée par le battage médiatique.
Le constat d’Alfred Lin
Dans un épisode du podcast « Sourcery » publié lundi, Alfred Lin observe que le boom de l’IA a entraîné une augmentation des revenus expérimentaux, qui comprennent principalement des accords à court terme et des programmes pilotes. Ces modalités permettent aux startups de financer leur recherche, mais elles pourraient se révéler non pérennes.
« Les gens sont prêts à expérimenter parce qu’ils ne veulent pas être laissés pour compte dans le domaine de l’IA », indique-t-il. Cependant, il précise : « C’est bon et mauvais. C’est formidable pour les fondateurs, ils peuvent financer une partie de leur R&D avec des revenus. C’est mauvais parce qu’il s’agit de revenus pilotes. Cela pourrait disparaître ».
Lin souligne que certaines startups annualisent ces revenus en affirmant détenir des revenus récurrents, ce qui peut induire en erreur certains investisseurs. Il admet : « Beaucoup de fondateurs savent que c’est une blague, mais ils n’ont aucun problème à prendre les revenus mensuels… et à les multiplier par 12 ».
Importance de la qualité des revenus
Pour lui, il est crucial d’évaluer la fidélité des clients après ces projets pilotes : « La rétention est très importante ». Il préconise davantage d’importance aux revenus qualitatifs, privilégiant ceux-ci même s’ils croissent lentement plutôt que des recettes moins fiables ayant une expansion rapide.
Lin révèle également que tous les indicateurs financiers doivent être analysés minutieusement : « La mesure doit porter sur la vélocité de l’entreprise, et pas seulement sur la croissance des revenus ».
Ruée vers l’or ou bulle spéculative ?
Les avertissements d’Alfred Lin viennent au milieu d’un débat intense autour d’un possible krach lié au secteur IA comparable à celui du krach Internet. En effet, plusieurs startups ont atteint des valorisations records en collectant sans précédent dans leurs levées de fonds.
Le PDG et fondateur de Replit, Amjad Masad, a annoncé son ambition d’atteindre un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard USD dès l’année prochaine – quatre fois son chiffre annuel actuel évalué à 240 millions USD. Pourtant, divers experts financiers expriment leurs appréhensions face aux valorisations démesurées actuelles observées dans ce marché florissant.
Erik Gordon souligne avec inquiétude que cette bulle pourrait dépasser celle vécue dans le secteur internet autrefois : « L’IA est une bulle de surévaluation d’un ordre de grandeur ».
À contre-courant cependant, Kevin O’Leary estime quant à lui que le marché IA devrait éviter un effondrement similaire au passé car « vous pouvez réellement voir la productivité et la mesurer dollar par dollar ».
Les tensions demeurant palpables entre enthousiasme pour cette technologie innovante et scepticisme quant aux bases financières sous-jacentes révèleront peut-être rapidement si nous sommes face à un nouvel Eldorado ou simplement au prélude d’une nouvelle désillusion technologique.