Je pensais qu'être une bonne mère consistait à empêcher mon fils autiste de déranger les inconnus : je me trompais

Dans un témoignage publié par Business Insider, Jennifer Jay Palumbo raconte comment elle a appris à ne plus se soucier du jugement des inconnus lorsqu’elle élève son fils autiste. Un épisode survenu au Bronx Zoo, alors que Michael avait environ 3 ans, a été le point de départ de ce changement.

Je pensais qu’être une bonne mère consistait à empêcher mon fils autiste de déranger les inconnus : je me trompais

La famille, alors composée de quatre personnes, venait tout juste d’arriver au zoo. Moins de quinze minutes après l’entrée, Michael a renversé du jus de fruit sur son short. Autiste, il pouvait être profondément incommodé par la sensation d’un vêtement mouillé, et il a commencé à faire une crise. Pendant que son mari restait dehors avec le bébé, la mère a emmené Michael dans les toilettes des femmes les plus proches.

Une crise dans les toilettes

À l’intérieur, Michael hurlait et pleurait. Elle lui a retiré son short et l’a placé sous le sèche-mains tout en essayant de le calmer. « J’étais paniquée et gênée, je faisais de mon mieux », écrit-elle.

Plusieurs femmes se trouvaient dans la pièce, dont l’une désapprouvait ouvertement la situation. Elle est sortie et s’est plainte à voix haute de « l’enfant qui hurle et qui pleure », en affirmant que la mère devait l’emmener ailleurs. Le mari de Jennifer Jay Palumbo a alors répondu : « C’est notre fils. Il est autiste et traverse un moment difficile. »

Une autre femme a aussitôt pris leur défense, demandant à la première pourquoi elle ne faisait pas preuve d’un peu d’empathie plutôt que d’être aussi désagréable. Une dispute a éclaté devant les toilettes, pendant que la mère essayait toujours de sécher le petit short. Michael a fini par se calmer, et la famille est retournée dans le zoo. Mais elle, raconte-t-elle, ne s’est pas apaisée pour autant. Pendant une bonne partie de la journée, elle s’est sentie honteuse et a redouté de recroiser cette femme.

Cesser de rassurer les autres

Au fil des années, Jennifer Jay Palumbo a rencontré de nombreux parents d’enfants en situation de handicap ayant vécu des scènes similaires. Michael a connu d’autres moments difficiles, notamment chez Target, à Disney World ou au contrôle de sécurité d’un aéroport. Ce qui a changé, selon elle, c’est sa manière de réagir.

Au lieu de paniquer face au regard d’un inconnu, elle dit simplement : « Mon fils est autiste et a juste besoin d’un moment. » Elle le fait avec l’accord de Michael, la famille ayant toujours été ouverte sur son autisme. Elle constate que cette franchise est en général accueillie avec bienveillance.

Elle a aussi compris qu’il n’était pas toujours nécessaire de se justifier. Michael peut utiliser une tablette dans des situations où un autre enfant ne le ferait pas, porter un casque antibruit ou encore réciter certaines conversations. Aucun de ces comportements, estime-t-elle, n’appelle des excuses.

Faire confiance à son instinct de mère

Michael a aujourd’hui 14 ans, et la famille a mis au point des stratégies communes. Ils utilisent des exercices de respiration et le comptage. Lorsqu’il est submergé, sa mère peut lui demander d’évaluer ce qu’il ressent sur une échelle de 1 à 10, afin de mieux comprendre ce dont il a besoin. « J’ai appris à le connaître davantage et à me faire confiance », confie-t-elle.

Elle regrette que les gens ne soient pas toujours compassionnels face à un parent ou à un enfant en difficulté en public. Mais elle ne porte plus le jugement d’un inconnu tout au long de la journée. Ce qui compte désormais, c’est Michael et la sécurité, le soutien et la compréhension qu’elle cherche à lui offrir.

Elle conclut par un souvenir : elle aurait voulu que la mère qu’elle était dans les toilettes du Bronx Zoo sache que cela suffisait.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.