La tragédie d’Al-Touffah
La mort de Fatem Hassona est survenue dans le quartier d’Al-Touffah, au nord de Gaza, à la suite d’un bombardement israélien. Tsahal a déclaré avoir ciblé un membre du Hamas considéré comme impliqué dans des attaques contre des soldats et des civils israéliens. L’armée a ajouté qu’elle avait pris des précautions pour éviter les victimes civiles, mais cette attaque a causé la perte tragique de Fatem et de nombreux membres de sa famille. Âgée seulement de 25 ans, Fatem témoignait par son travail photojournalistique des conditions difficiles vécues par les habitants de Gaza en période de conflit. Son engagement et sa résilience lui avaient valu d’être mise en lumière dans le film « Put your soul on your hand and walk » de la réalisatrice Sepideh Farsi, qui sera projeté lors du 78e Festival de Cannes dans la section consacrée à l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (L’ACID).
L’hommage vibrante de L’ACID
Les membres de L’ACID ont exprimé leur choc suite à cette nouvelle terrible. Ils se sont remémorés la rencontre avec Hassan lors du festival : « Son sourire était aussi magique que sa ténacité : témoigner, photographier Gaza, distribuer des vivres malgré les bombes, le deuil et la faim ». Dans un communiqué poignant publié sur Liberation.fr, ils expriment leur douleur face à cette perte inestimable : « Nous avons appris avec effroi qu’un missile israélien a ciblé son immeuble ». Leur déclaration souligne combien l’œuvre cinématographique prévue autour d’elle ne sera plus jamais perçue sous le même jour.

Des mots forts au-delà du silence
Les mots choisis par Sepideh Farsi résonnent comme un hommage vibrant à Fatem : « Peut-être que j’annonce ma mort maintenant avant que la personne en face ne charge son fusil ». Le poème intitulé « L’homme qui portait ses yeux », écrit par Fatem elle-même, capture sa lutte permanente entre vie et mort. Farsi poursuit en décrivant leur relation unique : « Alors, Fatem devint mes yeux à Gaza ». De ses rires aux moments désespérés partageant leur quotidien via vidéo appelées, ce lien humain si précieux que Fatem incarnait jusqu’à son dernier souffle. La brutalité avec laquelle Fatem et sa famille ont perdu la vie souligne une réalité déstabilisante. Sepideh Farsi conclut sur une note grave : « Il n’y a plus aucun doute aujourd’hui… c’est un génocide ». Elle porte une accusation claire envers ceux responsables, demandant justice non seulement pour Fatem mais pour tous les innocents décédés dans ce conflit sans fin. En mettant en lumière ces événements tragiques entourant la vie et le décès prématuré d’un jeune artiste militant comme Fatem Hassona, nous sommes confrontés aux questions pressantes concernant non seulement l’avenir des habitants de Gaza mais aussi s’ils sauront survivre là où tant ont déjà péri.