L’économie russe en crise : pénurie de main-d’œuvre et lourdes dépenses militaires
Alors que la Russie continue sa guerre contre l’Ukraine, son économie fait face à des distorsions majeures, aggravées par une grave pénurie de main-d’œuvre et des coûts de défense conséquents. Les responsables politiques semblent obsédés par la lutte contre l’inflation, négligeant un problème plus sérieux : le blocage de la croissance.

Des inquiétudes sur la croissance économique
German Gref, PDG de la Sberbank et ancien ministre russe de l’Économie, a signalé que « nous nous sommes tellement concentrés ces derniers temps sur la lutte contre l’inflation que nous avons quelque peu oublié la croissance économique. Sans croissance économique, il n’y aura rien ». Il insiste sur le fait que toute croissance dépend avant tout de deux éléments fondamentaux : « la productivité du travail et le nombre de personnes employées ».
Cependant, ces piliers sont actuellement sous pression. Gref a ajouté qu’il serait possible d’améliorer cette situation grâce à l’introduction active de nouvelles technologies comme l’« intelligence artificielle » et « la robotique », mais cela nécessiterait des investissements conséquents et un engagement fort envers l’éducation.
Il a mis en garde concernant les difficultés d’exécution dans ce contexte, évoquant « une pénurie de capitaux et des taux d’intérêt élevés ». Vendredi dernier, alors que ces commentaires étaient prononcés, la banque centrale russe a réduit son taux d’intérêt directeur à 16,5%, une baisse jugée nécessaire pour contenir une inflation fixée à 6,4% au troisième trimestre.
Plusieurs chefs d’entreprise s’opposent aux politiques monétaires restrictives actuelles qui rendent les emprunts trop coûteux. Malgré cela, Gref prévoit un taux minimal pour le PIB russe entre 1% et 1,5% durant les deux prochaines années avec des prévisions pour cette année ajustées autour de seulement 0,8%, bien loin des 4,3% enregistrés précédemment.
Une crise démographique accentuée par le conflit
La Russie doit également faire face à une grave crise démographique avec une prévision alarmante anticipant jusqu’à près de 11 millions d’employés manquants d’ici 2030 selon Anton Kotiakov, ministre du Travail. La guerre en Ukraine accentue cette tendance en causant non seulement des pertes humaines sur le front mais aussi un exode massif des jeunes talents.
Pour compenser cette perte croissante… Gref souligne que le pays est engagé dans ce qu’il décrit comme « une sélection négative ». En effet, alors que la Russie attire principalement une main-d’œuvre peu qualifiée provenant majoritairement d’Asie centrale, les travailleurs hautement qualifiés quittent massivement le pays.
Face à cette situation critique où il appelle Moscou à attirer activementdes professionnels qualifiés étrangerset encourager les diplômés étrangersà rester en Russie pour « la survie nationale » , Gref remarque également que le chômage reste faible autour de 2.1% du fait des représailles conjuguées aux pressions inflationnistes provoquées par eenvironnement atypique
En parallèle, le président Vladimir Poutine met vivement en avant sa préoccupation concernant ‘*la vitalité démographique’ du pays», exhortant même les femmes russes à avoir jusqu’à huit enfants malgré un volume national record éprouvé : données révèlent également qu’en 2024 les naissances se chiffreront à 1.22 million, soit leur niveau le plus bas depuis 1999 quand on sait simultanémentque(pour rattraperiteiten fleuves)de décès atteindra directementà 1.82 millions