Dans un jugement prononcé le 31 octobre 2023, le juge de district américain Amit Mehta a statué que Google ne pourrait plus conclure de contrats exclusifs avec des partenaires comme Apple. Cette décision fait suite à l’action antitrust du ministère de la Justice (DOJ) lancée en 2019. Bien que certains remèdes aient été imposés, ils permettent à Google de conserver des relations commerciales essentielles et d’éviter des mesures drastiques.
Une victoire pour Google
La décision du tribunal constitue une issue favorable pour Google qui n’aura pas à vendre son navigateur Chrome, un outil crucial lui permettant d’attirer les utilisateurs vers son moteur de recherche. Le juge Mehta a statué que bien que Google soit interdit d’établir des accords exclusifs, il peut continuer à payer pour être le moteur de recherche par défaut sur diverses plateformes. En 2022, Google avait payé environ 20 milliards de dollars à Apple pour sa position privilégiée sur les iPhones.

Des conséquences positives pour Apple
Pour Apple, cette décision est également bénéfique puisqu’elle permet à la société de maintenir un flux conséquent de revenus tirés des paiements effectués par Google sans avoir à se limiter exclusivement au moteur de recherche. Selon certaines estimations internes citées dans le dossier judiciaire, si Google perdait ce statut sur les appareils Apple, cela pourrait entraîner des pertes nettes comprises entre 28,2 milliards et 32,7 milliards de dollars.
Opportunités accrues pour les concurrents
D’autres acteurs comme OpenAI et Perplexity voient également une porte ouverte grâce aux nouvelles règles imposées par le tribunal. Désormais, rien n’empêche Apple d’intégrer et promouvoir leurs services en tant qu’alternatives viables au moteur de recherche principal sans enfreindre aucun accord avec Google.
Les perdants dans cette affaire
En revanche, les concurrents du navigateur Chrome sont confrontés à un obstacle majeur puisque la décision ne force pas Google à abandonner son contrôle sur ce logiciel largement utilisé par plus de 3 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois. Cela constitue une mauvaise nouvelle pour Microsoft Edge et Safari d’Apple qui peinent depuis longtemps à capter une part significative du marché.
Alors que la bataille juridique risque encore d’évoluer au cours des prochaines années avec un appel prévisible chez Google contre ce jugement récent, cette affaire souligne les tensions persistantes autour du pouvoir monopolistique dans l’économie numérique actuelle.