Pourquoi Giorgia Meloni exerce-t-elle une telle influence en Europe ?

Chapô : Le 13 novembre au Parlement européen, une nouvelle coalition a permis de remettre en question la directive sur le « devoir de vigilance ». L’union des nationalistes et conservateurs, dirigée par Giorgia Meloni et soutenue par des figures françaises comme Marion Maréchal, met en lumière les synergies croissantes entre la droite italienne et française.

Une coalition inédite contre le « devoir de vigilance »

Le 13 novembre dernier, une coalition inhabituelle a vu le jour au Parlement européen pour s’opposer à la directive concernant le « devoir de vigilance ». Cette alliance regroupe plusieurs groupes politiques incluant le Parti populaire européen, où siègent les membres des Républicains (LR), ainsi que les nationalistes d’Europe des nations souveraines menés par Jordan Bardella. Les Conservateurs et réformistes d’Europe (ECR) dirigés par Fratelli d’Italia, sous l’égide de Giorgia Meloni, ont également joué un rôle central dans cette dynamique.

Pourquoi Giorgia Meloni exerce-t-elle une telle influence en Europe ?

Laurent Wauquiez a déclaré en mai dernier : « La politique que mène Giorgia Meloni est à mes yeux un modèle pour la droite. » Jordan Bardella, quant à lui, a exprimé son admiration pour Meloni lors de l’élaboration de son livre, affirmant vouloir faire « comme Meloni », faisant référence à son autobiographie intitulée Io sono Giorgia

Marion Maréchal se positionne elle aussi comme une figure analogue à Meloni en France. Elle est liée personnellement aux intérêts du parti italien via son mariage avec un membre influent de Fratelli d’Italia. Au cours d’une récente rencontre parisienne avec Identités-Libertés, Meloni a appelé à l’unité des droites françaises en vue des élections présidentielles de 2027.

Les réticences de Marine Le Pen

Un flou persiste dans le soutien parlementaire français envers Meloni. Marine Le Pen exprime discrètement ses réserves sur les orientations politiques conservatrices très marquées qu’elle assimile à celles du gouvernement italien. Dans un échange informel, elle aurait confié : « Elle est conservatrice, ce que je ne suis pas ».

L’influence italienne se renforce avec des résultats probants depuis l’arrivée au pouvoir de Meloni. En 2024, le ministère italien intérieur signalait une baisse significative de 65% du nombre d’immigrants illégaux dans le pays. Les retombées du plan de relance européen auraient engendré près de 80 milliards d’euros d’investissements étrangers en Italie. Carlo Fidanza souligne ces réussites : « Nous payons aujourd’hui moins d’intérêts sur la dette… cela nous offre une forte projection extérieure ».

Une stratégie pro-Ouest affirmée

La montée en puissance interne et internationale du gouvernement Meloni impressionne certains observateurs qui y voient une opportunité stratégique renforcée par ses relations internationales croissantes avec Donald Trump et Javier Milei. François-Xavier Bellamy mentionne que Meloni incarne “une droite qui gagne et qui gouverne”.

Nicola Procaccini rappelle quant à lui les racines historiques du groupe ECR soulignant leur approche « pro-Ouest » en accord avec l’héritage politique britannique : « L’empreinte initiale vient des toriesde Margaret Thatcher. »

Au niveau nationalitalien cependant, malgré trois ans passés au pouvoir, durée généralement considérée comme longue dans ce paysage politique, Fratelli d’Italia continue sa progression fulgurante avec un soutien estimé autour des 30%, tandis que leurs adversaires gauchistes peinent atterrir sur seulement 20%.

Ce développement témoigne non seulement d’une dynamique politique pérenne mais soulève également interrogations sur l’avenir des coalitions traditionnelles face aux nouvelles alliances conservatrices tant européennes qu’apparemment transatlantiques.

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