Je refuse qu'on m'impose des limites

Sabrina Ouazani, actrice de 36 ans, fait entendre sa voix sur des sujets personnels et sociétaux à travers son art. Alors qu’elle jongle entre différents rôles au cinéma et au théâtre, elle aborde les tabous de la société, comme l’alcoolisme féminin et le conflit israélo-palestinien.

Une carrière riche en diversité

Récemment, Sabrina Ouazani a repris un rôle majeur dans l’adaptation du « Songe d’une nuit d’été » sur la scène du théâtre de la Ville à Paris, une pièce qui a connu un grand succès depuis sa création par Emmanuel Demarcy-Mota en 2024. En parallèle, elle incarne Alice dans le film « Des jours meilleurs », où elle joue une femme alcoolique en cure de désintoxication. Aux côtés des actrices Valérie Bonneton et Michèle Laroque, elle souligne l’importance d’aborder ce sujet délicat : « L’alcoolisme au féminin, voilà un autre sujet tabou. Que tout le monde observe et subit pourtant. J’ai connu ce fardeau dans ma vie personnelle, ce qui a créé chez moi un rejet de l’alcool. Je n’en bois pas une goutte. J’espère que le film parlera notamment aux jeunes, associé à la fête ».

Je refuse qu’on m’impose des limites

Engagement personnel

Forte de son parcours atypique – repérée par Abdellatif Kechiche à seulement 13 ans – Ouazani souhaite également questionner son identité face aux attentes sociétales. Elle refuse que ses choix soient limités par les normes culturelles entourant la maternité ou ses origines : « Je refuse qu’on me mette des barrières. Ma maman me l’a toujours dit : “Rien n’est impossible, ma fille.” »

Son implication artistique va au-delà des scènes ; il est aussi question d’engagement politique. Récemment, elle s’est exprimée sur le conflit israélo-palestinien : « Dire qu’il y a un génocide à Gaza et que les familles israéliennes sont elles aussi victimes, est-ce que je pense. » Elle reconnaît néanmoins les risques associés à cette prise de position.

Réflexion et limites artistiques

Portant sa sensibilité sur tous les fronts créatifs – cinéma alternatif ou projets plus commerciaux – Ouazani continue d’explorer son métier avec dévouement. Elle établit pour chaque personnage une approche immersive, tantôt physique, tantôt émotionnelle. Cependant, certaines limites persistent : « Jouer nue… je ne suis pas à l’aise », souligne-t-elle tout en admirant celles qui s’y livrent.

Cet engagement derrière la caméra comme devant montre combien la liberté d’expression lui tient à cœur : « La liberté… qu’on ne m’enlèvera pas. »

La voix singulière de Sabrina Ouazani propose ainsi non seulement des réflexions sur des enjeux contemporains cruciaux mais encourage également une vision optimiste pour celles et ceux qui pourraient se reconnaître en elle.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.