La période des congrégations générales, qui s’est achevée hier soir, a révélé un contexte de lobbying discret alors que le Collège des cardinaux s’apprête à élire un nouveau pape. Dans sa déclaration finale, le collège a exprimé le besoin urgent de poursuivre les réformes entamées par le pape François, tout en appelant à travailler pour la paix mondiale.
Une continuité des réformes nécessaire
Lors du dernier conclave de 2013, la thématique de la réforme était déjà centrale. À l’époque, les conférenciers anglo-saxons poussaient à faire évoluer une Curie jugée archaïque. Aujourd’hui, douze ans après l’élection de François et ses réformes souvent chaotiques, les cardinaux demandent une continuité dans ces changements. Le cardinal américain Robert Sirico souligne que si certains donateurs américains sont très généreux, ils ont été déçus par les mots « anti-américains » d’un entourage papal perçu comme hostile.

Un rapprochement russo-américain possible ?
Prospectivement, il se pourrait qu’Américains et Russes s’accordent sur un candidat conservateur comme Mgr Robert Sarah, déjà soutenu par des émissaires russes lors de sa visite à Moscou. Cela s’accompagne également du soutien crucial du cardinal Raymond Burke, qui entretient des liens avec l’ancien président Donald Trump. L’implication grandeur nature d’un tel soutien fait craindre une ligne dure contre l’héritage de François.
Concernant ce contexte délicat au Vatican où règne un climat d’incertitude financière amplifié par une chute significative des dons pour cause de défaites narratives vis-à-vis des Américains et leur souhait pressant d’une figure moins critique sur leurs actions politiques – ainsi résume Robert Sirico : « Nous voulons juste quelqu’un qui ne soit pas anti-américain ».
La diversité grandissante parmi les cardinaux
Face à cette dynamique intérieure complexe et nuancée liée aux nombreux cardinaux représentant désormais diverses régions du monde – notamment l’Asie ou l’Afrique -, Marco Politi note que la communication entre ces membres est devenue plus difficile : « Il y a eu des rencontres informelles, mais elles étaient difficiles car tout le monde ne parle pas italien ».
Ces nouveaux voix doivent naviguer dans cet environnement chargé sous la guidance diplomatique observée autour de Mgr Pietro Parolin. Cette intégration est essentielle afin qu’ils puissent trouver leurs repères avant d’affronter ce conclave possiblement divisé.
En dépit d’une représentation inédite diversifiée parmi les cardinaux – beaucoup n’ayant jamais participé à un conclave –, il devient incertain comment ils pourront aboutir communément sur un candidat sans risquer des sabotages internes potentiels selon Politi : « Si c’est le cas… il y a toujours le risque qu’un petit groupe sabote une candidature ». Ainsi commence la course orchestrée vers celui ou celle qui portera le flambeau face à ces défis inédits au visage contemporain du Vatican.