Un esprit autodidacte dans un monde institutionnel
Dans une interview accordée à Paris Match, François Simon revient sur son enfance à Saint-Nazaire, où il observe attentivement les dynamiques familiales autour de la table. Il déclare : « À la maison, nous étions huit enfants à table. Je filmais tout avec le regard ». Sa passion pour les voyages et la littérature a débuté très tôt, mais c’est seulement plus tard qu’il se tourne vers la gastronomie. Après avoir fait ses armes au Matin de Paris et au Gault & Millau, il explique vouloir sortir des critiques conventionnelles dominées par des figures autoritaires du secteur gastronomique. Il affirme : « La gastronomie, c’est retrouver l’âme des innocents » et souligne l’importance d’analyser un plat sur quatre points : l’aspect, le croustillant, le goût et l’impression générale.
L’anonymat comme bouclier
À propos de sa notoriété limitée en dehors des réseaux sociaux, il confie que « cela me fait terriblement peur ». Il précise que cette discrétion lui permet de garder son indépendance d’esprit lors de ses critiques culinaires. Grâce à plusieurs cartes bancaires sous pseudonymes pour régler ses additions dans les restaurants visités incognito, il préserve ainsi sa liberté d’évaluation sans être influencé. Son approche lui a valu des conflits notables au sein du milieu gastronomique français. Il mentionne son expérience douloureuse liée à Bernard Loiseau : « On m’a traité d’assassin. Cela m’a beaucoup compliqué la vie ». Malgré ces épreuves professionnelles intenses – allant jusqu’à être suivi par un photographe après sa critique sévère – Simon continue d’affirmer sa voix singulière dans le paysage culinaire français.

Une vision personnelle du bonheur
Sur un ton introspectif et poétique lorsqu’il aborde sa définition du bonheur, François Simon évoque les plaisirs simples : « C’est ce qui arrive à la bonne heure ». Il affirme que prendre le temps d’apprécier chaque instant est crucial pour saisir ces moments précieux. Ainsi s’est construit cet homme paradoxal qui mêle apothéose publique grâce aux réseaux sociaux tout en fuyant toute forme de célébrité ostentatoire. Son livre n’en est pas moins une ode sincère aux bistrots français où « il se passe toujours quelque chose ». « Y retournerai-je ? », publié chez Flammarion – 240 pages, 26 euros – invite enfin les lecteurs dans cet univers où chacun peut redécouvrir la richesse émotionnelle dissimulée derrière chaque assiette.