Dans un contexte de changements politiques aux États-Unis, l’Europe et le Japon bénéficient d’un regain d’intérêt chez les investisseurs. Ces derniers sont incités par des relances budgétaires significatives et des signes de croissance économique, contrastant avec la dynamique défavorable du marché américain.
- L'Europe et le Japon attirent de nouveaux investisseurs en raison de relances budgétaires et de croissance économique.
- Les actions américaines semblent coûteuses et certains investisseurs préfèrent des actifs non libellés en dollars.
- Le Japon connaît une reprise économique, avec une inflation de 3,6% en mai, attirant des investissements.
- Les experts anticipent des investissements futurs en Europe et au Japon malgré des incertitudes politiques et économiques.

Une dynamique changeante sur les marchés mondiaux
L’administration du président Donald Trump entraîne une restructuration du paysage financier mondial. Selon Russ Mold, directeur des investissements chez AJ Bell : « Les actions américaines semblent coûteuses par rapport aux normes historiques, presque toutes les façons que vous les coupez, et certains investisseurs semblent plus méfiants de détenir des actifs libellés en dollars pendant le deuxième mandat de Trump. »
Cette aversion s’étend au-delà des actions ; l’indice du dollar américain est tombé à son plus bas niveau pluriennal et les obligations gouvernementales montrent également une perte de confiance.
L’essor des marchés européens
Le Japon, quatrième économie mondiale, connaît une reprise depuis 2023. Parallèlement, l’Europe suscitant un nouvel engouement grâce à ses engagements accrus en matière de dépenses publiques, notamment dans la défense. La croissance prévue due à cette politique budgétaire encourage une image optimiste parmi les investisseurs.
Sam Rines, macro stratège chez Wisdomtree souligne : « Il y a une blague selon laquelle l’Europe est un musée. Mais il passe radicalement d’un paysage d’investissement staid à l’un des plus convaincants. » Les indicateurs boursiers comme le STOXX Europe 600 ont grimpé de 8% tandis que l’Allemagne a enregistré une hausse impressionnante de 20% cette année.
Emmanuel Cau, chef de stratégie européenne chez Barclays fait écho à cet enthousiasme : « Trump 2.0 et l’évolution de la dynamique géopolitique ont poussé l’Europe à desserrer ses robinets fiscaux. »
Plus tôt cette semaine, Blackstone, la plus grande société de capital-investissement au monde, a annoncé son intention d’investir au moins 500 milliards d’euros en Europe au cours des dix prochaines années.
Un réveil pour le Japon
De son côté, le Japon se remet lentement après plusieurs décennies marquées par la déflation suite à sa bulle économique éclatée dans les années 1990. En mai dernier, l’inflation était située à 3,6% ce qui favorise un regain d’activité sur ses marchés boursiers.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : des entrées nettes record ont été observées en avril avec près de 821 milliards d’euros investis dans des actions japonaises. Rajiv Biswas précise que ces nouveaux investissements sont partiellement attribués aux augmentations salariales soutenues par cette inflation stable : « Une spirale bénigne a libéré le pays. »
Cependant certaines incertitudes demeurent incluant un possible ralentissement économique mondial prévu ainsi qu’une instabilité liée aux élections législatives japonaises prévues pour juillet prochain.
Les experts anticipent malgré tout que les meilleures pratiques en matière de gouvernance continueront à attirer davantage d’investissements étrangers vers le pays durant cette période charnière.
Cela laisse présager un avenir prometteur tant pour le Japon que pour l’Europe alors qu’ils évoluent sur fond d’opportunités économiques nouvelles dans un contexte mondial marqué par la volatilité politique américaine.