Une opération policière tragique à Rio de Janeiro
Le 28 octobre 2023, une opération policière au cœur des favelas de Penha et d’Alemao à Rio de Janeiro s’est soldée par la mort de 132 personnes, dont au moins cinq sans lien avec le gang ciblé. Cette intervention, qualifiée de la plus meurtrière dans l’histoire moderne du Brésil, a suscité une onde de choc parmi les habitants, mêlant douleur et indignation.
- Une opération policière à Rio a fait 132 morts, dont certains innocents.
- Les scènes après la tuerie montrent des corps torturés et une scène de guerre.
- Les autorités minimisent le bilan humain tout en affirmant le succès de l'opération.
- Les réactions politiques sont ambivalentes, avec des accusations et des préoccupations sur la violence.

Des scènes d’horreur
Au lendemain de l’assaut, des corps enlevés par leurs proches gisaient devant une crèche sur la place São Lucas.
« Réveille-toi ! S’il te plaît ! » hurlait une mère éplorée devant son fils. Les victimes, principalement jeunes hommes souvent tatoués, étaient alignées sur le sol trempé, certains encore avec les yeux ouverts. Les pompiers transportaient lentement les cadavres à l’institut médico-légal tandis que d’autres étaient charriés par les habitants eux-mêmes.
Aucun membre des forces de l’ordre ou service public n’était présent sur les lieux durant cette tuerie. Le groupe visé était le Comando Vermelho (« Commando rouge »), le principal gang de Rio. La police a enregistré la perte de quatre agents lors du raid.
D’après Francisco Proner, photographe ayant couvert l’événement : « C’était le chaos, le quartier était en état de siège ». Les images témoignent d’un terrain transformé en scène de guerre, où des armes et même des restes humains gisaient.
Une violence inouïe derrière un prétendu succès
La tuerie s’est déroulée dans une forêt habituellement déserte au sommet d’une colline près des favelas attaquées.
Certains corps présentaient des blessures allant au-delà des balles ; beaucoup avaient manifestement été torturés avant leur mort. Selon la police locale, l’opération avait pour objectif d’expulser les narcotrafiquants vers un point où ils seraient pris en embuscade. Toutefois, ce récit soulève des questions : « Beaucoup sont décapités et ligotés », confiait Proner après avoir constaté pour lui-même ces atrocités.
il a exprimé sa satisfaction face aux arrestations effectuées mais minimise largement le bilan humain.
Réactions politiques emplies d’ambiguïtés
Claudio Castro a déclaré devant la presse que cette intervention était un succès après un an d’enquête ; il n’a pas mentionné explicitement les morts civiles causées par cette opération qu’il semble buriner dans ses discours : « Quel massacre ? » insinuait-il dorénavant préoccupé uniquement par ses policiers tombés.
En opposition à ses déclarations alarmantes se tenait Lula da Silva, alors axé sur un voyage officiel en Indonésie. Via son ministre de la Justice, il exprima son étonnement quant à l’envergure inattendue du dispositif mis en place : « sidéré.surpris que cela ait pu se faire sans notre implication » regrettant déjà toute mise en danger inutile face au crime organisé. Face aux répercussions sociales grandissantes, manifestation massive exigeant justice organisée quelques jours plus tard, il semblerait impératif que quelque chose change rapidement entre sécurité publique agressive contre gangs omniprésents sur fond électoral stratégique.