Le jury du procès pour viol et agressions sexuelles de Russell Brand a entamé ses délibérations mardi 3 novembre, après une matinée au cours de laquelle le juge a repris le dossier devant les jurés. L’humoriste britannique, qui a plaidé non coupable de l’ensemble des sept chefs d’accusation, attend désormais la décision de la cour.

Avant que les jurés ne se retirent, le juge Joel Bennathan a revu une grande partie des éléments présentés pendant le procès. Il a expliqué qu’il allait peut-être « passer totalement sous silence certains témoins », pour se concentrer sur « ceux qui semblent les plus importants », selon Sky News. Il a rappelé que le jury ne pouvait accepter qu’un verdict unanime, rendu par les 12 jurés.
Quels sont les chefs d’accusation contre Russell Brand ?
Russell Brand fait face à trois chefs de viol, trois chefs d’agression sexuelle et un chef de tentative d’attentat à la pudeur. Ce dernier chef a été modifié pendant le procès, passant d’« attentat à la pudeur » à « tentative d’attentat à la pudeur ». Les accusations reposent sur les témoignages de six femmes et concernent des faits présumés survenus entre 1999 et 2009.
Pendant les trois semaines d’audience, qui ont débuté en octobre, les jurés ont entendu les six accusatrices. Leurs identités demeurent inconnues, en raison de la protection accordée au Royaume-Uni aux personnes qui signalent des faits d’agression sexuelle. Leurs récits vont de celui d’une femme affirmant que Brand l’a traînée dans une salle de bain et l’a violée oralement, à celui d’une autre qui dit avoir consenti à un rapport vaginal avec lui, avant qu’il ne la viole, selon ses déclarations, par voie anale.
Dans sa déclaration liminaire, la procureure principale Riel Karmy-Jones a accusé Brand d’avoir des attentes « enfantines », estimant que « chacun de ses désirs devrait être satisfait ». Selon elle, cela l’aurait conduit à traiter les femmes comme « un moyen d’arriver à une fin, cette fin étant de les tripoter, de les agresser sexuellement ou indécemment, ou de les violer vaginalement, oralement ou analement ».
Comment se défend Russell Brand ?
Appelé à la barre pour sa propre défense, Russell Brand a reconnu qu’une grande partie de sa vie avait été consacrée à des « infidélités imprudentes » et qu’il avait « utilisé sa notoriété de manière très, très égoïste ». Il a toutefois affirmé que toutes ses relations sexuelles avaient été consenties. Il a qualifié le consentement de « fondamental, essentiel, nécessaire », et de « à bien des égards plus important que le sexe lui-même ».
De son côté, son avocat Ian Winter a cherché à remettre en cause la crédibilité des accusations. Dans sa plaidoirie finale, il a soutenu qu’aucune des femmes n’avait « résisté, crié ou même tenté de partir ». Il a aussi affirmé que les six accusatrices n’avaient pas agi indépendamment les unes des autres et qu’elles avaient été « fondamentalement corrompues » par un documentaire de 2023 contenant des allégations d’abus visant Russell Brand. Ce dernier a également démenti ces accusations.