L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon subit une hausse significative des droits de douane imposés par les États-Unis, avec un taux de taxe de 50% sur les exportations et 99% sur les importations. Cette décision pourrait affecter sérieusement l’économie locale, déjà fragile. Les élus locaux s’inquiètent des conséquences d’une telle approche sur l’avenir démographique et commercial du territoire.
Saint-Pierre-et-Miquelon face à des taxes élevées
Jean-François Carenco, ancien ministre des Outre-mer, avait mis en garde en mai 2023 : « À terme, si on ne bouge pas, c’est l’existence même de l’archipel qui est menacée ». Malgré ces alertes, la situation demeure critique et s’aggrave avec les nouvelles mesures douanières annoncées cette nuit. L’archipel figure parmi les territoires où le taux d’imposition est le plus élevé.

Un membre du Conseil territorial a commenté : « Quand on a vu ça ce matin, on était assez surpris. Ça n’a pas été très bien compris ». Stéphane Lenormand a également exprimé son désaccord en dénonçant « l’incompétence de l’administration américaine », ajoutant que leur présence dans cette liste est surprenante compte tenu du faible peuplement du territoire.
Les impacts des droits de douane sur le commerce local
La pêche constitue la principale économie locale avec une exportation modeste vers les États-Unis. Les produits comme le cabillaud ou les crustacés pourraient subir un lourd impact financier dû aux nouvelles taxes. Un acteur économique souligne : « Je n’ai pas de chiffres exacts mais certains de nos poissons ou crustacés arrivent sur le marché de Boston ». La crainte monte donc concernant la rentabilité pour les vendeurs qui expédient vers Amérique ; comme mentionné par un député : « … car elles vendent du poisson aux USA et que 50% de taxes… ça peut être violent ».
D’après des sources locales, il est à noter qu’en réalité Saint-Pierre-et-Miquelon réalise davantage d’échanges avec le Canada qu’avec son voisin américain.
Le Canada reste le principal partenaire économique
À seulement 20 kilomètres, se déroulent la majorité des échanges économiques entre Saint-Pierre-et-Miquelon et le Canada. Le Conseil territorial confirme que c’est là que se tourne principalement leur production pour l’exportation.
L’importation représente essentiellement des denrées alimentaires nécessaires au quotidien des habitants ; celles-ci atteignent près de 60% des échanges commerciaux, contrairement aux produits américains dont ils dépendent peu directement : « Ce qui est drôle, c’est que nous n’importons rien directement de là-bas », assure une source proche.
Perturbations potentielles dues à l’effet ricochet
Une possible inquiétude se fait jour quant à un éventuel « effet ricochet » suite aux répercussions qu’il pourrait y avoir sur l’économie canadienne. Bien qu’il n’apparaisse pas dans la liste récemment fournie par Donald Trump, cela ne veut pas dire qu’il échappera aux tensions économiques engendrées par ces décisions commerciales.
« C’est cela qui peut potentiellement nous impacter fortement », explique le Conseil territorial tout en faisant preuve d’une prudence nécessaire dans leurs prévisions face à cette situation incertaine. Néanmoins, Stéphane Lenormand avance une idée optimiste disant que cela pourra renforcer leurs relations commerciales au nord : « Ça nous permettra aussi… d’avoir des relations encore plus ouvertes ».
Dénonciation présidentielle face à cette ingérence commerciale
Sous silence jusqu’à maintenant depuis ces annonces marquantes, Emmanuel Macron a finalement fait part jeudi dernier sa désapprobation fermement contre ces décisions déclarant qu’elles sont « brutales et infondées ». Son message souligne aussi selon lui que cette manœuvre affaiblira notablement l’économie canadienne.