Décès de Zurab Tsereteli, l’artiste controversé russe
Zurab K. Tsereteli, un artiste géorgien-russe célèbre pour ses monuments imposants et statues héroïques, est décédé mardi à son domicile près de Moscou à l’âge de 91 ans. Sa mort a été confirmée par son assistant, Sergei Shagulashvili.
- Zurab Tsereteli, sculpteur russe, est décédé à 91 ans.
- Il était connu pour ses œuvres imposantes et controversées.
- Le président Poutine a salué sa contribution à la culture russe.
- Des cérémonies ont été organisées pour lui rendre hommage.

En hommage, le président Vladimir Poutine a salué sa contribution à la culture russe multinationale.
Un parcours artistique marqué par la polémique
Tsereteli était connu pour son admiration envers Vladimir Poutine. En 2004, il dévoile une statue de bronze du président en tunique de judo ; monument qui n’a jamais été exposé au public en raison des critiques qu’il a suscitées.
Son œuvre se distingue par un style flamboyant représentant une esthétique ruisselante d’énergie post-soviétique. Dans les années 1990, alors qu’il gagnait la confiance des autorités russes, il cherchait également à aider sa Géorgie natale à établir son identité sur la scène internationale après l’effondrement de l’URSS. En Géorgie, où certaines personnes le critiquaient pour avoir choisi de vivre en Russie, il a conçu le Monument de la Liberté à Tbilissi, remplaçant une statue de Lénine sur une place symbolique.
Célébrations et critiques autour des grands projets
À Moscou, Tsereteli a participé à la création d’importants monuments marquant un tournant dans l’architecture post-soviétique. Son travail s’éloigne d’un style austère au profit d’un kitsch coloré qui ne plaisait pas toujours aux critiques artistiques. Au début des années 1990, il a conçu le premier centre commercial souterrain occidentalisé dans Manege Square adjacent au Kremlin.
Ce projet fut controversé et qualifié par certains comme ayant « ruiné » cette place historique. Parmi ses réalisations notables figure également le monument offert par la Russie aux États-Unis en mémoire des victimes du terrorisme du 11 septembre 2001 : une structure massive installée initialement à Jersey City avant d’être déplacée vers Bayonne en 2006 après avoir essuyé des critiques acerbes. Le critique local avait déclaré que ce monument était « un morceau pompeux insensible et auto-aggrandissant ».
Une fin respectée malgré les discordes
La renommée contestataire de Tsereteli s’est transformée après sa disparition : certains acteurs culturels ont commencé à reconnaître son apport unique au paysage artistique russe tout en continuant d’exprimer leurs réserves quant aux publications extravagantes qu’il offrait souvent.
Grigory Revzin écrit dans *Kommersant
Zurab Konstantinovich Tsereteli naît le 4 janvier 1934 à Tbilissi, alors partie intégrante de l’Union soviétique, et suit une formation académique jusqu’à devenir noteur sous Mikhail Gorbatchev durant les années 1980. Il est élu président de l’Académie d’art en 1997 lors des mouvements politiques rapides dictés par Yuri Luzhkov. Il laisse derrière lui sa fille Yelena ainsi que plusieurs petits-enfants et arrière-petits-enfants.
Les obsèques ont eu lieu samedi dernier au Panthéon du Didube à côté de nombreux caractères géorgiens tandis qu’une cérémonie a eu lieu mercredi à la chapelle royale de Christe Sauveur.