Le transport maritime face à de nouvelles menaces économiques
Le secteur du transport maritime, essentiel à l’économie mondiale, traverse une période incertaine. Alors que des armateurs comme CMA CGM bénéficient encore de résultats nets favorables, les conséquences de la politique commerciale américaine sous l’administration Trump et une baisse prévue des volumes mondiaux de conteneurs mettent en péril cette industrie.

D’après l’Institut français des relations internationales, le transport maritime représente 90% du commerce mondial en volume et 80% en valeur. Une étude de la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement souligne qu’il « relie les chaînes de valeur mondiale ». Les grands armateurs, tels que MSC (670 navires), Maersk (712 navires), CMA CGM (575 navires) et Cosco (473 bateaux), dominent ce secteur vital.
L’année 2024 a cependant apporté son lot d’incertitudes. Le groupe CMA CGM a enregistré un résultat net de 5,7 milliards d’euros, bien moins que ses performances record de 2022 mais supérieur aux 3,6 milliards réalisés en 2023. Néanmoins, ces succès pourraient être fragilisés par une nouvelle politique tarifaire attendue dans le secteur ainsi que par les idées controversées du président américain Donald Trump.
Le volume mondial des ports à conteneurs va chuter
Selon le cabinet britannique Drewry, on s’attend à une chute de 1% du volume mondial traité par les ports à conteneurs dû aux tensions commerciales avec les États-Unis. Cette situation marquerait seulement la troisième diminution depuis 1979 : précédemment observées durant la crise financière mondiale en 2009 (-8,4%) et au début de la pandémie Covid-19 en 2020 (-0,9%). Drewry estime qu’en supposant que deux tiers des droits de douane actuels restent tels quels, les importations américaines provenant de Chine pourraient chuter jusqu’à 40%.
En avril dernier, déjà 80 traversées ont été annulées sur cette route, faute d’un chargement suffisant.
Les inquiétudes grandissent également avec l’annonce par Trump d’une taxation des armateurs lors de leurs escales dans les ports américains. Cette taxe sera proportionnelle au nombre total de navires construits en Chine dans leur flotte ainsi qu’au carnet de commandes auprès des chantiers chinois. La promesse d’une taxe additionnelle plus spécifique pourrait atteindre jusqu’à 120 euros supplémentaires par conteneur pour ceux fabriqués dans cet empire industriel.
Conséquences pour CMA CGM et Cosco
Un cadre anonyme d’un transporteur déclare : « Si les menaces américaines deviennent réalité, cela va provoquer un véritable maelström ». Les entreprises comme CMA CGM et Cosco semblent particulièrement vulnérables ; respectivement 41% et 59% de leur flotte actuelle proviennent effectivement des chantiers chinois selon Alphaliner.
Ces éléments composent un tableau complexe pour le futur du transport maritime qui devra naviguer entre opportunités lucratives passées et défis imminents dus au protectionnisme croissant sur la scène internationale.