Le 10 avril 2025 marque le centenaire de la publication de « L’Attrape-cœurs » de F. Scott Fitzgerald, un roman devenu emblématique de l’âge du jazz. Au fil des décennies, cette œuvre a inspiré plusieurs adaptations sur scène et à l’écran. Cet article revisite six versions marquantes qui ont contribué à façonner le personnage intemporel de Jay Gatsby.
Le Great Gatsby rencontre Broadway avec Owen Davis en 1926
En 1926, une adaptation théâtrale du Great Gatsby a été réalisée par Owen Davis, peu après la publication originale du roman. Le célèbre cinéaste George Cukor a mis en scène cette première version sur les planches new-yorkaises, où James Rennie interprétait Gatsby et Florence Eldridge, Daisy Buchanan. Cette adaptation a modifié profondément certaines dimensions de l’histoire, notamment en écartant complètement le personnage de Nick Carraway et en impliquant davantage Gatsby dans des affaires criminelles.

La même année, un film muet adapté du roman est sorti sous la direction de Herbert Brenon, mais seule la bande-annonce existe encore aujourd’hui.
L’adaptation cinématographique américaine classique de 1949
La première adaptation cinématographique survivante est celle réalisée par Elliott Nugent en 1949, avec au casting Alan Ladd (Gatsby), Betty Field (Daisy) et MacDonald Carey (Nick). La talentueuse actrice aux deux Oscars, Shelley Winters, incarnait Myrtle Wilson dans ce film tragique.
Dans une interview datant de 1977, Winters avait mentionné sa tendance à choisir des rôles dramatiques complexes : « Dieu sait combien de fois j’ai été tuée dans des parties dramatiques », déclarait-elle en riant.
Le film controversé de 1974 dirigé par Jack Clayton
La version suivante fut celle réalisée par Jack Clayton en 1974, ne manquant pas d’attirer l’attention grâce à un casting vedette incluant Robert Redford comme Gatsby et Mia Farrow comme Daisy. Ce film réussit commercialement bien, remportant deux Oscars pour sa conception costume et sa musique. Cependant, il a reçu des critiques mitigées ; il affichait seulement un score de 41% sur Rotten Tomatoes.
Une critique acerbe notait que Redford n’était pas convaincant dans son rôle : « Le film lui-même est aussi sans vie qu’un corps trop long au fond d’une piscine », critiquait le New York Times.
Une version télévisée décevante diffusée en 2000
En l’an 2000, le Great Gatsby était adapté pour la télévision via un téléfilm diffusé sur BBC/A&E avec Toby Stephens dans le rôle principal. Ce projet n’a également pas échappé aux critiques sévères bien que Paul Rudd ait été salué pour son interprétation du narrateur Nick Carraway.
L’éclat visuel saisissant du film réalisé par Baz Luhrmann en 2013
C’est finalement en sortie mondiale lors du Festival international du film à Cannes que Baz Luhrmann redonna vie au Great Gatsby avec son adaptation stylisée prévue pour mai 2013. Avec un budget ambitieux atteint les 105 millions de dollars et une recette globale dépassant les 350 millions de dollars, ce projet mettait Leonardo DiCaprio (« Je pense que nous pouvons tous nous rapporter à ce rêveur ») dans le rôle principal ainsi que Carey Mulligan comme Daisy. Cependant, malgré cet engouement commercial et esthétique variant grandement entre coûtumes luxueuses – récompensées aux Oscars – il semblait avoir laissé certains critiques perplexes face à ses choix stylistiques audacieux; affublés d’un score critique décevant auprès des plateformes spécialisées.
Une nouvelle comédie musicale prometteuse programmée pour 2024
Pour célébrer ces cent ans depuis la publication initiale, Martyna Majok élaborera une comédie musicale intitulée « Gatsby : An American Myth », qui aura lieu au American Repertory Theatre début 2024. Rachel Chavkin supervisera cette production accompagnée par Florence Welch (du groupe Florence + the Machine), ayant elle-même confié s’être souvent connectée émotionnellement : « Il contient certaines des lignes préférées dans ma littérature ».
Avec ces multiples adaptations tout au long d’un siècle écoulé, on peut constater comment L’Attrape-cœurs demeure inflexible face aux époques tout autant qu’inspirante tant pour les créateurs modernes qu’historiques.