Sophie Galabru présente « Nos dernières fois » : une critique à découvrir.

Chapô Dans son ouvrage « Nos dernières fois. Défier la nostalgie », Sophie Galabru explore les différentes formes de finitude qui jalonnent notre vie, de la retraite aux ruptures amoureuses en passant par la mort. À travers ses réflexions, elle appelle à un rapport qualitatif au temps et encourage à vivre pleinement chaque moment plutôt que d’anticiper leur terme.

Une réflexion sur le passage du temps Sophie Galabru aborde divers aspects de la finitude, que ce soit la retraite, les mutations corporelles ou les pertes affectives. Dans ce contexte, elle relève : « Nous voyons venir des fins ; nous appelons certaines fins de nos vœux ; d’autres se révèlent imprévues. » En partageant une expérience personnelle où elle prend conscience qu’un moment passé avec des amis ne se reproduira plus, elle dépeint l’importance de savourer le présent sans se laisser submerger par l’idée de sa fin.

Sophie Galabru présente « Nos dernières fois » : une critique à découvrir

Cette prise de conscience rappelle un passage célèbre d’Eugène Ionesco : « Découvrir le temps, bien sûr, c’est sentir que cela passe. » Galabru a toujours ressenti l’irréversibilité des choses et exprime sa difficulté à rompre les liens et à clore des chapitres dans sa vie : « Je ne sais pas partir. »

Un mélange entre journal intime et philosophie Son livre s’apparente à un journal intime, tout en intégrant des réflexions philosophiques profondes. Elle rend hommage à plusieurs figures influentes comme le cinéaste Resnais ou l’écrivain Marguerite Duras, et cite aussi Robert Badinter sur l’expérience du grand âge. La philosophe soulève une question cruciale : « Comment réussir à se détacher de « sa » vie tout en restant attaché à « la » vie ? »

Elle dépeint les différences souvent observées entre hommes et femmes face au temps qui passe. Les femmes découvriront ce flux progressivement (des premières règles jusqu’à la ménopause) tandis que pour les hommes, cela survient brutalement (au moment de la retraite ou face aux changements liés à l’âge).

Vers une vie pleine de sens Galabru insiste sur l’idée qu’il ne faut pas vivre comme si nous allions mourir mais apprécier chaque instant comme unique et précieux : « Les épreuves nous apprennent la nécessité de traverser le temps en se construisant un but à atteindre ».

Selon elle, dans une société où le matérialisme prévaut souvent au détriment spirituel, le processus du deuil n’est plus suffisamment respecté alors même qu’il est crucial pour notre existence. Elle affirme également que lorsque quelqu’un disparaît, son absence n’équivaut pas forcément à une perte complète; il exige simplement une réorientation dans notre existence.

Sophie Galabru conclut en souligant que chaque achèvement revêt également un caractère nouveau : « L’achèvement d’une chose est souvent le commencement d’autre chose ». Ainsi commence-t-on toujours quelque chose après avoir achevé autre chose.

« Nos dernières fois. Défier la nostalgie », édité par Allary, compte 220 pages au prix de 20,90 euros.

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