Cette semaine, « Le Comptable 2 » fait son arrivée sur les écrans, près de huit ans après le premier film. Ben Affleck reprend son rôle de Christian Wolff, mais la suite se heurte à des problèmes de tonalité et d’écriture qui nuisent à son impact.
Des performances en dent de scie
Dans « Le Comptable 2 », Ben Affleck revient en tant que Christian Wolff, un comptable autiste avec des compétences mathématiques hors du commun. Cependant, sa performance oscille entre moments comiques exagérés et une approche moins sérieuse par rapport au film initial. La narration semble avoir perdu la subtilité qui avait caractérisé le premier opus.

Une intrigue redondante mais plus épaisse
Le récit s’épaissit autour d’un cartel dangereux et d’une quête de vengeance impliquant un mystérieux assassin interprété par Daniella Pineda. L’intrigue est marquée par la collaboration entre Wolff et Marybeth (Cynthia Addai-Robinson), ce qui donne lieu à une dynamique intrigante malgré les incohérences narratives.
Cependant, rien n’est aussi invraisemblable que le postulat qu’un agent fédéral pourrait désapprouver les méthodes illégales comme l’enlèvement ou la torture.
Un lien fraternel mis en avant
La relation entre Christian et Braxton, joué par Jon Bernthal, devient centrale dans cette suite. Ce segment rappelle le drame fraternel tout en ajoutant une touche humoristique légèrement déroutante : « Chaque fois que les deux sont ensemble… c’est le réalisateur Gavin O’Connor vouloir faire – une histoire d’amour fraternel ».
Bernthal campe un assassin flamboyant dont l’humour contraste avec la noirceur ambiante. Les scènes qu’ils partagent évoquent des mélodrames masculins mais échouent souvent à capter l’essence tragique.
Tonalité problématique et construction confuse
Les critiques relèvent surtout une dissonance tonale dans ce film où le drame côtoie des thèmes beaucoup plus sombres tels que la traite humaine et l’enlèvement d’immigrants disparus. Les plaisanteries inappropriées atténuent gravement la portée émotionnelle du récit.
« Pour profiter du comptable 2, vous devez adhérer à Christian Wolff », explique-t-on également. Affleck incarne un personnage excessivement doué qui se rapproche davantage d’un stéréotype que d’un protagoniste complexe digne de sympathie ou introspection juste.
En définitive, alors que « Le Comptable 2 » cherche à capitaliser sur le succès du premier film avec ses actionnaires emblématiques, il laisse un goût amer en raison de sa superficialité narrative et ses tensions mal équilibrées entre humour léger et sujets sérieux.