Chômage annoncé dans l’industrie automobile britannique face à des tarifs américains de 25% sur les importations.

- Les tarifs américains de 25% sur les voitures importées affectent l'industrie automobile britannique.
- En 2024, 101 000 voitures britanniques ont été expédiées aux États-Unis, représentant 17% des exportations.
- La production automobile britannique a chuté de presque 50% depuis la fin des années 2010.
- Des pertes d'emplois et des fermetures d'usines sont prévues en raison de ces tarifs et des défis économiques.
Les tarifs de 25% imposés par le président Trump sur les voitures importées ne font qu’exacerber les difficultés de l’industrie automobile britannique, déjà affectée par la transition vers les véhicules électriques et le Brexit. En 2024, environ 101 000 voitures, soit 17% des exportations britanniques d’une valeur totale de 7,6 milliards de livres, ont été expédiées aux États-Unis. Cette situation met en péril un marché crucial pour les constructeurs locaux.
Un marché en péril
La Grande-Bretagne a construit une réputation mondiale pour la production de voitures emblématiques telles que le Land Rover Defender et le Morris Minor. Malgré cela, la production annuelle a chuté de quasiment 50% depuis la fin des années 2010, s’établissant désormais autour de 770 000 véhicules, tandis que le pays importe davantage qu’il n’exporte.
Les tensions politiques actuelles compliquent encore plus la situation. « Il s’agit d’une décision très troublante pour la fabrication britannique », affirme Peter Wells, expert en voiture à l’Université Cardiff. La volatilité des tarifs pourrait forcer certains fabricants à revoir leurs plans stratégiques et logistiques.
Impact sur Jaguar Land Rover
Le constructeur automobile JLR, propriété du groupe indien Tata Motors, a récemment annoncé la suspension définitive des expéditions aux États-Unis pour avril prochain. Actuellement, environ 28% des ventes de JLR proviennent d’Amérique du Nord où elle ne fabrique pas ses véhicules.
Le déséquilibre commercial est flagrant : alors que seulement 18 000 voitures américaines ont été exportées vers la Grande-Bretagne l’année dernière, un tarif de 10% s’applique sur ces importations américaines.
Avis contrastés dans l’industrie
Des entreprises comme Nissan, BMW et Toyota dominent actuellement le secteur automobile britannique, mais elles doivent composer avec divers défis tels que les coûts d’énergie élevés et le stress lié à leur chaîne d’approvisionnement post-Brexit.
Selon Alan Johnson, vice-président senior chez Nissan : « En fin de compte, le Royaume-Uni n’est pas un endroit compétitif pour construire des voitures aujourd’hui ». D’un autre côté, Stuart Bradley du Warwick Manufacturing Group suggère que certaines marques hautes gammes pourraient trouver un avenir meilleur au Royaume-Uni.
Des risques accrus pour l’emploi
Les syndicats représentant quelque 200 000 travailleurs estiment que ces nouvelles mesures pourraient conduire à des pertes importantes d’emplois ou même à des fermetures d’usines. Le syndicat Unite évoque une crise persistante dans ce secteur soumis à une pression renforcée.
En effet, plusieurs usines britanniques ont déjà été contraintes de fermer leurs portes ces dernières années ; Honda ayant cessé ses activités à Swindon en 2021 avec près de 3 500 licenciements à son actif.
L’avenir électrique incertain
L’incertitude persiste quant aux capacités futures du Royaume-Uni en matière de manufacturing durable : « Je ne suis pas entièrement convaincu que toute l’industrie passera indemne », conclut Peter Wells avec prémonition concernant cette transmutation nécessaire vers tout électrique.