L’économie allemande stagne face aux tarifs américains
Le gouvernement allemand a annoncé que l’économie du pays ne se développera pas pour la troisième année consécutive, revoyant ainsi à la baisse ses prévisions de croissance. Les tarifs douaniers imposés par le président Trump affectent la première économie d’Europe, qui fait face à des défis internes et externes.

Une prévision pessimiste
En janvier, le gouvernement avait prévu une croissance de 0,3%, mais les nouvelles mesures tarifaires américaines, notamment des taxes de 25% sur les automobiles importées, l’acier et l’aluminium, pèsent lourdement sur les exportations allemandes. Robert Habeck, ministre de l’Économie, a déclaré que « l’économie allemande souffre déjà d’une faible demande étrangère et d’une compétitivité réduite ».
Un tableau désolant
L’Allemagne est le seul membre du groupe des sept grandes économies (G7) à ne pas avoir connu de croissance significative au cours des deux dernières années. Le prochain chancelier attendu, Friedrich Merz, doit prendre ses fonctions le 6 mai. Il promet de raviver l’économie par un assouplissement des restrictions budgétaires permettant un investissement massif dans les infrastructures.
Cependant, plusieurs experts soulignent que beaucoup de ces problèmes sont intrinsèques au pays. Ils mettent en avant une bureaucratie lourde et un taux d’imposition représentant l’un des plus élevés en Europe comme des freins à la productivité. Selon M. Habeck : « On ne sait toujours pas si et quelles réformes le prochain gouvernement fédéral mettra en œuvre ».
Un avenir incertain
Les enjeux démographiques aggravent encore la situation avec une main-d’œuvre diminuée due à un phénomène anti-immigration croissant qui complique le recrutement d’employés qualifiés nécessaires à la compétitivité du pays. De nombreuses entreprises ajustent leurs perspectives face aux impacts précédents des tarifs douaniers.
La guerre commerciale devrait continuer à freiner l’économie en 2024. Le nouveau pronostic prévoit une croissance modeste de 1% en 2026.
Helena Melnikov, directrice générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie allemande, avertit : « Si le nouveau gouvernement allemand ne prend pas de contre-mesures décisives et rapides, nous pourrions même faire face à une troisième année de récession consécutive importante ». Elle ajoute également qu’il est primordial pour Berlin « de trouver des solutions au différend sur les douanes avec les États-Unis ».
Cette semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a lui aussi abaissé ses prévisions économiques pour l’Allemagne à 0%, indiquant qu’une augmentation salariale pourrait stimuler quelque peu les dépenses consuméristes mais incertitudes demeurent quant aux politiques économiques futures sous le nouveau gouvernement.
Ainsi donc, alors que l’Allemagne fait face à divers obstacles tant internes qu’externes dans sa quête d’une reprise économique durable, il sera essentiel suivant où menaient ces évolutions structuresllement critiques au sein du pays.