La technologie de surveillance de Geo Group au service de l'agenda migratoire de Trump

L’entreprise Geo Group, leader dans l’exploitation de prisons privées aux États-Unis, joue un rôle clé dans la surveillance des immigrants sous le programme Alternatives to Detention. En utilisant des applications et des dispositifs de suivi pour monitorer les personnes en attente de leur statut migratoire, elle a bénéficié d’une forte demande engendrée par les politiques d’immigration du gouvernement Trump.

Une surveillance électronique accrue

En 2022, un immigrant hondurien, ancien policier vivant en Louisiane, a dû utiliser une application fournie par le gouvernement américain dans le cadre d’un programme de surveillance migratoire. Il devait envoyer régulièrement des selfies à travers cet outil alimenté par reconnaissance faciale pour prouver son identité et sa localisation. Bien qu’il ait échangé une partie de sa vie privée contre un permis de travail et évité la détention, il a été arrêté lors d’une convocation au bureau de l’immigration en février dernier.

La technologie de surveillance de Geo Group au service de l’agenda migratoire de Trump

Le partenariat avec Geo Group

La technologie utilisée est développée par Geo Group, le plus grand opérateur privé de prisons aux États-Unis. Cette société s’est diversifiée au cours des dernières années en proposant des outils numériques tels que des bracelets électroniques et glaces intelligentes pour surveiller les immigrants au nom du gouvernement fédéral. Ce monitoring alimente les efforts de déportation du président Trump ; selon diverses organisations d’aide juridique et groupes d’immigrations, plusieurs centaines d’arrestations ont été effectuées grâce à ces programmes.

Laura Rodriguez, avocate pour American Friends Service Committee, affirme : « Ces personnes sont précisément surveillées… C’est juste facile. »

Profits colossaux malgré la réduction budgétaire

Bien que Trump cherche à réduire les coûts gouvernementaux ailleurs, ses agences continuent d’octroyer à Geo Group de nouveaux contrats publics pour héberger ces immigrants non autorisés. Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) envisage également le renouvellement d’un contrat important avec l’entreprise, valorisé à environ 350 millions USD l’année précédente.

Malgré une chute globale du chiffre d’affaires attendu en 2023 après un pic durant les années précédentes sous Trump, Geo Group reste bien positionnée sur ce marché florissant avec une marge bénéficiaire dépassant souvent 50% sur ses activités liées à la surveillance.

Le cadre légal et éthique contesté

Le programme encadre impitoyablement plus de 300 000 immigrés, mais suscite également des préoccupations concernant privation accrue des libertés individuelles sous couvert alternatives à la détention. Noor Zafar, juriste senior avec l’American Civil Liberties Union notoirement critique dit : « Le gouvernement décrit cela comme une alternative à la détention », mais « nous voyons cela comme une expansion vers celle-ci. »

Les services proposés présentent aussi leurs défauts techniques ; employés évoquent notamment problèmes informatiques fréquents rendant parfois difficile toute supervision efficace.

Les données recueillies sont stockées sur serveurs privés compliquant ainsi leur accès par le gouvernement alors que chaque selfie envoyé coûte environ 1 euro, tandis qu’un bracelet smartwatch génère environ 3 euros quotidiennement aux grandes administrations US.

La pression politique autour du contrat

Face aux critiques internes et administratives, Biden notamment sur coût/profitabilité du programme surveillant Geo Group, ce dernier engage un lobbying intensif et énergique afin de préserver ces contrats cruciaux face à probables changements législatifs venant contrecarrer ses activités lucratives – incluant bénéficiaires politiques notables contribuants prescriptions contractuelles naïves.