Les terroristes achètent des vignettes vérifiées sur X, d'après un rapport

Des violations persistantes des sanctions américaines

Plus d’un an après les premières alertes, la plateforme de médias sociaux X, dirigée par Elon Musk, continue de traiter des paiements provenant de comptes associés à des groupes terroristes et d’autres entités sanctionnées. Un rapport du Tech Transparency Project révèle que ces organismes ont utilisé le système d’abonnement payant de X pour amplifier leur message.

Un manque de contrôle signalé

Le Tech Transparency Project, un organisme à but non lucratif axé sur la responsabilité dans le secteur technologique, a signalé que X acceptait toujours des paiements de comptes affiliés à des dirigeants du Hezbollah, ainsi qu’à des responsables houthis et miliciens en Syrie et en Irak. Ces abonnements mensuels coûtent 8 euros et offrent divers avantages aux utilisateurs comme un badge bleu, anciennement réservé aux utilisateurs notables tels que les célébrités.

Les terroristes achètent des vignettes vérifiées sur X, d’après un rapport

Malgré une réaction initiale à un premier rapport indiquant que X avait accordé ce privilège à 28 comptes liés à des organisations sous sanctions américaines, certains badges ont été récupérés par ces mêmes entités moins d’un mois plus tard. Bilan : plus de 200 comptes liés à ces groupes se seraient procuré la mention bleue.

Katie Paul, directrice du projet, souligne que « Ils s’appuient sur les services premium pour l’amplification des messages de propagande longs et des vidéos prolongées. Ils ne souscrivent pas seulement à la notoriété Blue Check ; ils souscrivent pour les services premium ».

Elon Musk lui-même a critiqué récemment le ministère du Trésor américain pour ses prétendus manquements en matière de surveillance financière. Il a affirmé qu’il y avait « des contrôles basiques » nécessaires pour éviter que l’argent ne dérive vers ces groupes interdits.

Depuis le rachat de X par Musk en 2022, plusieurs changements radicaux ont eu lieu : rétablissement de nombreux comptes précédemment bannis et licenciement d’environ 80% du personnel chargé auparavant de valider les identités des utilisateurs vérifiés.

Les politiques stipulent pourtant clairement que les groupes terroristes ne peuvent pas acquérir le statut vérifié. Cependant, avec l’absence d’une telle vérification systématique désormais mise en place par X, il est possible que nombre parmi ceux révélés soient simplement des imitateurs.

D’autres figures comme Hussain Al-Ezzi ont demandé explicitement au patron d’être rétablies dans leurs droits alors qu’elles étaient aussi touchées par les retraits préalablement effectués suite aux critiques du Tech Transparency Project.

Enfin, certaines entités semblent utiliser la plateforme pour lever des fonds via diverses fonctionnalités offerte par X ou encore solliciter directement via crypto-monnaies.

« Il existe une preuve claire que ces groupes profitent et collectent des fonds via X », conclut Katie Paul. Elle soulève ainsi une préoccupation majeure concernant l’influence considérable exercée par certaines personnes connectées aux gouvernements tout en se livrant profitablement au soutien financier destiné spécifiquement aux groupes désignés comme terroristes.