Tesla a publié mercredi ses résultats du troisième trimestre, marqués par un recul de 56 % de son résultat opérationnel sur un an, à 718 millions de dollars. Le constructeur reste bénéficiaire et dépasse les attentes sur le bénéfice par action, un jour après que Elon Musk a annoncé, lors de la présentation des résultats de SpaceX, qu’il soutiendrait une fusion entre les deux entreprises.

Des marges sous pression
Le résultat opérationnel est inférieur aux 746,3 millions de dollars attendus par Wall Street. Le chiffre d’affaires, de 28,05 milliards de dollars, est lui aussi légèrement en deçà des estimations des analystes. Tesla vend toujours beaucoup de voitures, mais chaque véhicule rapporte moins.
Le groupe pointe la hausse de ses charges d’exploitation, liées à ses projets d’intelligence artificielle et à d’autres programmes de recherche et développement. Il cite aussi la baisse de ses revenus issus des crédits réglementaires, un profit brut plus faible dans le stockage d’énergie et des prix de vente des véhicules moins élevés. « Alors que nous continuons à innover pour réduire le coût de fabrication et d’exploitation, nous nous attendons à ce que, à terme, nos bénéfices liés au matériel s’accompagnent d’une accélération de nos bénéfices issus de la «SI», des logiciels et de la flotte », indique l’entreprise. Elle désigne l’intelligence artificielle par les termes « SI » ou « Super Intelligence », le terme préféré de Trump, selon la source.
Tous les indicateurs ne sont pas négatifs. Tesla affiche un bénéfice ajusté de 48 cents par action, au-dessus du consensus des analystes à 44 cents. Son free cash flow atteint 1,5 milliard de dollars, alors que Wall Street anticipait un flux négatif de 4,92 milliards de dollars. Le constructeur a par ailleurs livré 486 532 véhicules au troisième trimestre, un chiffre qui avait déjà surpris plus tôt ce mois-ci.
Thomas Monteiro, analyste senior chez Investing.com, juge que « le principal enseignement est que le trimestre positif de Tesla en matière de flux de trésorerie ne vient pas de bénéfices plus solides ». Il ajoute que les dépenses de Tesla dans l’IA restent « globalement inefficaces », avec des coûts de recherche en hausse de près de 70 % et une marge opérationnelle réduite à 2,6 %, alors que, chez SpaceX, l’IA est déjà l’une des principales sources de revenus.
Une fusion envisagée
Le groupe prévoit par ailleurs des sources de croissance de ses profits, notamment grâce aux abonnements à la conduite autonome, dont la tendance est à la hausse. Tesla affirme proposer des offres adaptées à chaque région.
Lors de la présentation des résultats de SpaceX, mardi, Elon Musk a indiqué que Tesla et SpaceX avaient chacune formé un comité chargé d’étudier une éventuelle fusion. Musk dirige les deux entreprises et possède des actions de chacune pour plusieurs milliards de dollars. Il affirme ne pas faire partie de ces comités et estime que considérer la fusion comme une conclusion acquise serait « exagéré ».
Peu avant, Tesla avait présenté la Roadster, une voiture de sport dont la démonstration a été l’un des moments marquants de la semaine. Le véhicule a exécuté une figure de gymnastique, en sautant brièvement en l’air avant de tourner au-dessus d’une rangée d’autres véhicules Tesla. Neuf ans après que Tesla a promis pour la première fois de relancer ce modèle, Musk avait présenté un prototype en 2017 et avait annoncé un lancement commercial en 2020.