Kelly Reichardt, figure emblématique du cinéma indépendant américain, propose un nouveau film en clôture de la sélection officielle du Festival de Cannes, mettant en avant une réflexion sur la banalité et le temps qui passe. Son dernier long-métrage, centré sur l’histoire d’un homme pris dans un braquage compliqué, explore des thèmes profonds avec une esthétique soignée.
Un braquage peu conventionnel
Le film se déroule dans le Massachusetts, aux alentours de 1970. Il suit les péripéties de JB Mooney, un menuisier au chômage devenu voleur d’art amateur. Alors qu’il s’apprête à réaliser son premier grand braquage, sa vie prend une tournure inattendue.

Une lenteur maîtrisée
Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a choisi de conclure cette édition avec ce qui pourrait sembler être « un éloge de la lenteur », entre dialogues savoureux et narration paisible. Kelly Reichardt sait capturer l’ambiance américaine des années Nixon où « la middle class s’ennuie » tandis que la guerre du Vietnam crépite en arrière-plan.
Le personnage principal, séduisant par sa simplicité et son humanité touchante, traverse une « cavale improbable », loin des stéréotypes habituellement associés aux films de braqueurs.
Un style distinctif
La critique souligne que le style unique de Reichardt est omniprésent : graphique et précis, chaque cadre est méticuleusement travaillé comme un tableau pastel. L’humour subtil et les moments émouvants enrichissent cette chronique tranquille souvent décrite comme « très drôle » et parfois touchante dans sa quête d’un quotidien sans événement spectaculaire.
Cet exemple illustre comment le cinéma peut célébrer des instants ordinaires tout en provoquant réflexion et émotion chez le spectateur.
Ce regard introspectif sur une Amérique familière interpelle ainsi par sa capacité à transformer la monotonie apparente en œuvres cinématographiques captivantes.