Chapô

Jamie Dimon, le patron de JPMorgan, avertit les marchés sur l’augmentation des problèmes de crédit tandis que Rosenberg Research souligne des signes inquiétants de détérioration du crédit chez les ménages et les entreprises. Les données récentes montrent une hausse significative des prêts en défaut de paiement.
Les difficultés croissantes dans le crédit aux ménages
Dans un récent commentaire, Jamie Dimon a évoqué une métaphore sur les « cafards » cachés dans le marché du crédit. En décrivant la situation actuelle, il a déclaré qu’il y avait toujours plus d’un cafard si l’on en aperçoit un. Selon lui, cette observation fait écho aux récentes faillites notables de First Brands et Tricolor Holdings.
Rosenberg Research a renforcé ces préoccupations en constatant que la détérioration du marché du crédit semble s’intensifier. “Jamie Dimon a de plus en plus raison : il y a toujours plus d’un ‘cafard’ à mesure que les signes de tensions sur le crédit s’accumulent parmi les ménages et le secteur des entreprises”, indique le cabinet d’études.
La proportion de nouveaux prêts devenant défaillants est alarmante. Au troisième trimestre 2023, 5,3% des prêts étaient en retard d’au moins 30 jours. C’est le taux le plus élevé depuis 2014, selon des données fournies par la Réserve fédérale (Fed) de New York.
Voici la délinquance émergente par type de prêt pour ce troisième trimestre :
- Prêts auto : 7,7%
- Prêts sur cartes de crédit : 8,8%
- Prêts étudiants : 14,4%
- Prêts hypothécaires : 3,6%
Des retards sérieux chez les emprunteurs
Le chiffre lié à ceux qui connaissent une « délinquance grave », c’est-à-dire avec au moins 90 jours de retard dans leurs paiements centralise aussi l’attention. Ce taux a atteint 3%, soit encore un maximum depuis plus d’une décennie.
La répartition par type révèle :
- Prêts auto : 5%
- Prêts sur cartes de crédit : 12,4%
- Prêts étudiants : 9,3%
- Prêts hypothécaires : 0,8%
“En termes simples, le consommateur est stressé”, note Rosenberg Research. La pression financière pousse plusieurs ménages à réduire leurs dépenses non essentielles pour faire face à leurs dettes alors que les coûts d’emprunt restent élevés.
Les entreprises également sous pression
Le panorama n’est guère meilleur pour les entreprises. Le taux des prêts commerciaux considérés comme problématiques reste élevé après avoir atteint un pic en 2022. Le pourcentage des prêts aux entreprises en retard se chiffre maintenant à 1,2% dans certaines banques commerciales au deuxième trimestre : une augmentation notable par rapport au début 2023
“Les poules sont peut-être en train de rentrer chez elles,” prévient Rosenberg Research tout en reliant ces évolutions au stress ressenti tant par les consommateurs que par les firmes face à un environnement économique incertain où dominent coûts élevés liés aux emprunts et réduction parallèle du pouvoir d’achat hors secteur technologique.
La montée alarmante des défauts sur crédits soulève ainsi davantage questions concernant la résilience future tant auprès des particuliers que auprès des professionnels et alimente déjà diverses anticipations économiques pour l’année prochaine.