Chapô :
Ce décret s’inscrit dans une série d’actions visant à dénoncer ce que l’administration considère comme des abus du système judiciaire pour déstabiliser le processus électoral américain. En parallèle, plusieurs grands cabinets juridiques ont déjà accepté de collaborer avec la Maison Blanche sur des initiatives pro bono.

Trump cible Susman Godfrey pour son travail sur Dominion Voting Systems
Mercredi, Donald Trump a signé un décret visant spécifiquement le cabinet d’avocats Susman Godfrey, qu’il accuse « d’armer le système juridique américain et de dégrader la qualité des élections américaines ». Cette action s’ajoute à une liste croissante de cibles qui comprennent également d’autres grands noms du secteur juridique.
Le secrétaire du personnel de la Maison Blanche, Will Scharf, a déclaré que les actions de Susman ressemblent aux précédentes campagnes menées par Trump contre des entreprises ayant participé à des poursuites judiciaires à son encontre ou engagé des avocats ayant travaillé pour lui pendant son mandat. Parmi ces cibles figurent les plus grandes entreprises du pays telles que Perkins Coie.
Une attaque alimentée par un jugement récent contre Newsmax
Ce jugement, qui s’est soldé par un règlement de 787,5 millions de dollars en 2023, a suivi la diffusion constante de rumeurs infondées concernant les machines électorales Dominion après la perte de Trump lors des élections de 2020.
De plus, Susman représente actuellement Dominion dans un procès intenté contre Newsmax, autre média conservateur promouvant également ces théories du complot. La semaine dernière, peu avant la signature du décret par Trump, un juge du Delaware a statué que Newsmax avait bien diffamé Dominion et que cette affaire pouvait aller au procès.
D’autres mesures potentielles annoncées par Trump
Lors d’une interaction avec les journalistes, Trump a brièvement mentionné qu’il envisageait encore « cinq autres » actions similaires vis-à-vis d’autres cabinets d’avocats. Cela laisse présager une montée en puissance continue des litiges impliquant l’administration actuelle.
À ce jour, plusieurs prestigieuses firmes telles que Paul Weiss, Skadden, ou encore Milbank ont déjà négocié avec la Maison Blanche afin de mener plusieurs centaines de millions en travaux juridiques pro bono servant à soutenir les causes soutenues par l’administration Trump.
L’attaque menée par Perkins Coie contestée en justice
En réaction aux stratégies juridiques adoptées par Donald Trump, le cabinet Perkins Coie a engagé une procédure légale contestation devant la Cour Suprême américaine. Dans leurs écrits juridiques, ils affirment que « la Constitution n’a pas fait du président un roi autorisé à punir arbitrairement ses sujets basés sur l’animus ou le caprice ».
Un groupe bipartite d’anciens représentants gouvernementaux a également manifesté son soutien à Perkins Coie via un dépôt amicus réalisé par les avocats de Susman Godfrey.
Ce climat agressif autour des activités mises en œuvre sans précédent soulève des questions importantes concernant l’intégrité et l’indépendance du système judiciaire aux États-Unis sous l’administration actuelle.