L’Iran et la menace pesant sur Ali Khamenei : une analyse d’Azadeh Kian
- Azadeh Kian décrit les menaces contre Ali Khamenei.
- Israël considère Khamenei comme une cible prioritaire, mais nécessite l'accord des États-Unis.
- La mort de Khamenei ne changerait pas fondamentalement la situation en Iran.
- La succession de Khamenei pourrait se faire par un ayatollah ou un Conseil, mais nécessiterait la fidélité des Gardiens de la Révolution.

La sociologue iranienne Azadeh Kian dépeint un portrait précis des dynamiques politiques en Iran autour de l’éventuelle élimination du Guide Suprême, Ali Khamenei. Elle souligne que même si ce dernier devient une cible prioritaire pour les Israéliens, sa mort ne précipiterait pas la chute du régime.
Une cible prioritaire pour Israël
Dans une interview accordée à Paris Match, Azadeh Kian évoque l’intensification des menaces contre le Guide suprême. « Il existe effectivement des menaces sérieuses proférées contre lui », indique-t-elle. Selon elle, Khamenei, qui se cache dans un bunker contrairement au président iranien qui reste accessible au public, est devenu une priorité pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
Toutefois, cette opération ne pourrait avoir lieu sans l’accord des États-Unis. « Donald Trump s’y oppose pour l’instant car il garde encore l’espoir d’un retour à la table des négociations », précise-t-elle. Sa position pourrait évoluer si Trump juge que les discussions diplomatiques sont vouées à l’échec.
La mort de Khamenei ne changerait rien
Concernant les conséquences potentielles de la disparition d’Ali Khamenei sur le conflit régional, Kian affirme que cela n’entraînerait pas de changements significatifs : « Cela ne changerait pas fondamentalement les choses ». Elle explique que depuis plusieurs années, les Gardiens de la Révolution occupent une place prépondérante dans l’État iranien sur le plan politique et militaire.
« Ce sont eux qui tiennent le pays », précise-t-elle en ajoutant que Khamenei, déjà très âgé et malade, n’est plus le seul décideur. Le Conseil de la Sécurité Nationale a pris du poids dans les décisions stratégiques lors des périodes tendues.
Elle critique également la méconnaissance dont fait preuve Trump et son entourage concernant les structures politiques iraniennes : « Viser le guide suprême est se tromper de cible ».
Succession en question
Sur le front de la succession éventuelle d’Ali Khamenei, deux possibilités semblent émerger selon Azadeh Kian : soit un ayatollah membre de l’Assemblée des experts est désigné rapidement, soit un Conseil composé de trois ayatollahs prendrait la relève collective du pouvoir.
Toutefois, cela nécessitera toujours leur fidélité envers les Gardiens de la Révolution. « Ce ne sont plus les mollahs qui commandent en Iran, ce sont les militaires », conclut-elle avec force.
Cette analyse met en lumière non seulement les enjeux internes iraniens mais aussi les complexités géopolitiques entourant toute action visant à modifier brièvement ou durablement cette structure étatique profondément enracinée.