Où sont donc les victoires ?

La pièce « La vérité » snobée aux Molières : une injustice décriée par le milieu théâtral

La comédie « La vérité », jouée au théâtre Édouard-VII depuis janvier, connaît un succès fulgurant. Malgré cet engouement et des performances saluées, la pièce n’a pas été nommée pour les Molières 2025. Ce constat soulève des questions sur les critères de sélection et l’irrationalité du vote, provoquant une onde de choc dans le monde du théâtre parisien.

Où sont donc les victoires ?

Un succès incontesté mais ignoré

Stéphane De Groodt, qui joue dans « La vérité » aux côtés de Clotilde Courau et Sylvie Testud, a commenté : « Ce n’est pas blindé, c’est archi-blindé. Je vois surtout dans le regard des spectateurs que c’est une pièce qui plaît beaucoup ». Malgré cette appréciation du public et l’espoir d’obtenir des nominations lors de la cérémonie prévue le 28 avril, aucune mention ne recouvre son travail ou celui de ses collègues.

Des nominations controversées

« La famille », une autre pièce à fort potentiel portée par François-Xavier Demaison et Michel Jonasz, subit également ce sort. Le président de « La nuit des Molières », Jean-Marc Dumontet, exprime un sentiment d’incompréhension, affirmant : « Cela est très révélateur de l’irrationalité des Molières ». Il souligne que ces œuvres ont été lancées récemment, privant ainsi leur visibilité au moment crucial des votes.

Un jeu complexe entre pairs

Dumontet précise qu’il y a aujourd’hui 3 300 votants pour les Molières – en hausse depuis son retour à la présidence en 2014 – dont 75% sont des comédiens liés aux spectacles éligibles. Une règle souvent critiquée est que certains votants choisissent leurs favoris sur la base d’affinités personnelles plutôt que sur la vue directe des productions. Il déclare : « Même moi qui suis dehors tous les soirs, je ne pense pas avoir vu l’intégralité de la production théâtrale ».

Le refus répété de rendre publique la liste complète des votants alimente encore plus les spéculations sur d’éventuelles manipulations ou favoritismes au sein du processus.

Les disparités entre théâtre public et privé

Les pièces produites par Jean-Claude Houdinière se distinguent souvent avec plusieurs récompenses chaque année grâce à leur stratégie marquée par différents choix artistiques favorisant un meilleur écho auprès du public parisien. Thibaud Houdinière soutient qu’ils portent un théâtre où « chez nous, la star c’est la pièce ».

En revanche, il semble qu’un fossé soit en train de se creuser entre spectacles publics et privés. Les vedettes publiques comme Dominique Blanc ou Isabelle Huppert dominent déjà les nominations tandis que celles issues du secteur privé peinent à obtenir une reconnaissance équitable malgré leur qualité évidente.

L’impact potentiel d’un prix

Un membre avisé rappelle que gagner un prix peut profondément changer le destin d’une production : « Un prix (…) donne l’assurance qu’un nouveau public va venir ». Au sein même du milieu théâtral français chauffe une tension palpable alors que chaque édition devient révélatrice non seulement des talents en lice mais aussi de problématiques systémiques concernant agissements internes couche après couche.

La cérémonie sera révélatrice quant à ces débats soulevés autour si bien sûr elle saura apaiser ces querelles sous-jacentes tout autant vues lors tant sur scène qu’en coulisses au cœur même du décor culturel en France aujourd’hui.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.