Les votants des Oscars doivent désormais visionner les films : une nouvelle règle pour le vote

Nouvelle règle pour les votants des Oscars : obligation de visionner tous les films nominés

L’Académie des arts et des sciences du cinéma a annoncé cette semaine une nouvelle règle imposant à ses membres de visionner tous les films nominés dans chaque catégorie avant de voter. Cette décision suscite des réactions variées au sein de la communauté cinématographique.

Un changement significatif dans le processus de vote

À partir de maintenant, les membres doivent réellement visionner chaque film en lice pour le prestigieux prix.

Les votants des Oscars doivent désormais visionner les films : une nouvelle règle pour le vote

Cette exigence vise à garantir que les électeurs prennent des décisions éclairées lors du vote.

Réactions mitigées dans l’industrie

À la suite de cette annonce, Bruce Vilanch, comédien et scénariste ayant travaillé sur 25 cérémonies des Oscars, s’est déclaré « choqué » que certains membres n’aient pas regardé l’ensemble des films lors des précédents votes. Il a jugé la nouvelle règle « en quelque sorte hystérique ».

Skyler Higley, écrivain de comédie et ancien membre d’une équipe d’écriture pour Conan O’Brien aux Oscars, a commenté cette évolution en la qualifiant de « non américaine ». Selon lui, le système américain repose sur une approche intuitive guidée par « les vibrations et préférences », plutôt que sur un examen approfondi. Doug Benson, comédien et podcasteur, a critiqué cette règle comme étant irréaliste car beaucoup d’électeurs sont trop absorbés par leur propre travail cinématographique.

Il pense également qu’une telle contrainte pourrait inciter à réduire la durée des films cinéma récompensés. Laurie Kilmartin, comédienne qui a écrit pour la cérémonie récente, s’est étonnée qu’il faille obliger certains à regarder chaque film avant de voter : « Je ne peux pas croire qu’ils pourraient ne pas être troublés ».

Agitation et incrédulité sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, l’annonce a provoqué un mélange d’agitation et d’incrédulité parmi les cinéphiles.

Peter Howell, critique au Toronto Star, a interrogé pourquoi il avait fallu près d’un siècle pour établir une telle règle. D’autres internautes ont souligné l’injustice représentée par le fait que des membres aient pu négliger certains films simplement parce qu’ils ne les avaient pas vus. Racquel Gates, professeur agrégé à l’Université de Columbia spécialisé dans les études cinématographiques et médiatiques, reste sceptique quant aux effets positifs de ce changement.

Elle souligne que historiquement, trop souvent uniquement basés sur la force des campagnes publicitaires menées par les studios ou encore sur la familiarité avec certains réalisateurs.

Mise en œuvre du nouveau système

L’Académie prévoit plusieurs mesures pour faire respecter cette nouvelle directive : elle disposera d’une salle numérique où sera enregistré quel film cada membre aura vu; chaque élu devra aussi renseigner un formulaire concernant sa visualisation hors salles ou festivals. Ainsi, si un membre n’a pas visionné un film nommé dans une catégorie donnée, il lui sera interdit de voter dans celle-ci.

Avec environ 10 000 électeurs aujourd’hui contre environ 6 700 en 2017, ce cadre semble nécessaire pour répondre aux critiques persistantes autour du procédé actuel qui favorise quelques productions privilégiées plutôt qu’un véritable mérite artistique. La volonté affichée ici rappelle d’autres événements similaires comme ceux appliqués aux Tony Awards, qui exigent depuis quelques années déjà que leurs électeurs assistent à chacune des productions nominées puis remplissent une inscription via un portail en ligne assurant ainsi leur présence active tout au long du processus.